Valérian : quand l’extrême droite rêve d’un futur intergalactique, mais rate l’atterrissage sur Terre.
Le fait principal
Dans un monde où la science-fiction croise l’histoire, la série emblématique « Valérian et Laureline » offre une réflexion audacieuse sur les dynamiques de pouvoir et les représentations culturelles, tout en questionnant les mécanismes de domination hérités du colonialisme.
Ce qui s’est passé
Les aventures de Valérian et Laureline, agents du service spatio-temporel de Galaxity, plongent les lecteurs dans un futur où la Terre, après une catastrophe nucléaire, exerce une tutelle sur d’autres mondes. À travers leurs péripéties, la série met en lumière des thèmes contemporains tels que l’exploitation coloniale et les rapports de genre. Les personnages, notamment Laureline, transcendent leurs rôles initiaux, devenant des figures critiques face à des systèmes oppressifs.
Le contexte
Créée en 1967 par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, « Valérian et Laureline » s’inscrit dans une époque où la science-fiction devient un moyen d’explorer des problématiques sociales et politiques. À travers un Moyen Âge fantasmé, la série reflète des idées sur la période médiévale tout en interrogeant les notions de pouvoir et d’autorité, en écho aux enjeux de domination des empires européens.
Les chiffres à retenir
Bien que la série ne soit pas centrée sur des statistiques, l’analyse de l’impact culturel de « Valérian et Laureline » est significative. Par exemple, le premier épisode a été publié en 1967, coïncidant avec des réflexions historiques comme celles de Georges Duby sur l’an mil, soulignant l’interconnexion entre fiction et réalité historique.
Ce que cela révèle
La série critique les discours colonialistes en exposant les contradictions inhérentes à la « mission civilisatrice » des empires. En mettant en avant la perspective féminine à travers Laureline, les auteurs remettent en question l’invisibilisation des femmes dans l’histoire. Ce faisant, ils révèlent comment la science-fiction peut servir de miroir pour réfléchir sur les injustices passées et présentes, tout en soulignant les mécanismes de pouvoir qui perdurent.
Ce qu’il faut retenir
« Valérian et Laureline » n’est pas qu’une simple série de science-fiction ; c’est un laboratoire de réflexion sur le pouvoir, les rapports de genre et les héritages coloniaux. À travers ses récits, elle incite à repenser notre histoire et les récits qui la façonnent, tout en offrant une critique acerbe des systèmes dominants d’hier et d’aujourd’hui.
Sources : Olivier Christin, Olivier Thomas, L’Histoire n°541, mars 2026.
