Une petite touche d’amitié et de simplicité dans une monde d’IA.
Résumé : Pour finir ses études et un projet qui doit lui ouvrir les portes d’un job de rêve dans une grande entreprise de robotique, Mari est rentrée vivre dans la maison de ses parents décédés, à la campagne. Pour l’aider, elle créé un robot intelligent, qu’elle nomme Joy…
Critique : Ce one-shot traite d’un sujet qui semble à la fois d’actualité et rebattu, l’IA. Toutefois, Joy a su mettre en évidence des émotions que l’on pourrait qualifier de base : épuisement, dépression, deuil, regret et amitié. Cette lise non-exhaustive paraît longue, mais chacune de ces émotions ne s’inscrit pas dans un chapitre mais bien dans l’oeuvre dans son ensemble, tous dilués et jamais abordés de manière frontale, si ce n’est l’amitié qui justement s’impose par la violence, à la fin de cet ouvrage jusque là plutôt lent. Cette lenteur mérite d’ailleurs des éloges, tant l’autrice ne cherche jamais à précipiter les choses, mais plutôt à les imposer sur le long terme. Le temps d’un été, dans un village qui fait penser au Japon rural, on côtoie donc Mari qui s’épuise à travailler, peu à peu soulagée des tâches domestiques par le robot Joy se révèle très rapidement plus qu’attachant. La dépression latente – entre deuil mal achevé et surménage professionnel – que l’héroïne subit est un prétexte pour à la fois évoquer ce que pourrait être l’IA (un facilitateur du quotidien plus qu’un remplaçant des métiers créatifs) et l’humanité des robots (thème cher à la science-fiction, même s’il n’y a pas de Blade Runner dans cet album…)
© Kinaye / Cirillo
Dans un style à la Calvin et Hobbes, Serena Cirillo laisse vivre son duo de la même manière : petites scènes quotidiennes, avec un intérieur rassurant et un extérieur propre aux courtes aventures, mais surtout des traits furtifs, qui proposent beaucoup avec peu. La tête du robot est d’ailleurs une réussite, avec ce look qui n’aurait pas dépareillé sur un bon jeu vidéo du début des années 2000, mélange de fun et de kawaï qui impose ce protagoniste aussi bien dans le coeur de Mari que dans celui du lecteur. Doux grâce à des traits teinté de bleu ou de rouge, le dessin veut faire la part belle au soleil, à l’espoir et aux petites attentions de la vie, ce qui est en décalage avec l’univers froid et morbide qui entoure généralement les robots et l’IA dans la science-fiction.
© Kinaye / Cirillo
Science-fiction chaleureuse ou anticipation positive, Joy est un court récit qui va un peu à l’encontre des présupposés du genre pour créer une histoire pas si éloignée de nous, dans le temps et dans le cœur.
Une petite touche d’amitié et de simplicité dans un monde d’IA : un robot pour apaiser nos peines
Mari, en quête d’un emploi de rêve, retourne à la maison familiale et y crée Joy, un robot qui pourrait bien devenir son meilleur ami. Mais dans un monde où l’IA est souvent synonyme de déshumanisation, que reste-t-il de notre humanité ?
Ce qui se passe réellement
Dans Joy, Mari, une jeune femme en fin d’études, retourne vivre dans la maison de ses parents décédés, dans un village rural qui évoque le Japon. Pour alléger son quotidien, elle crée un robot intelligent, Joy. Ce one-shot aborde des émotions fondamentales telles que l’épuisement, la dépression, le deuil, le regret et surtout l’amitié. Bien que ces thèmes ne soient pas traités de manière frontale, l’amitié se révèle être le fil conducteur, s’imposant avec force à la fin de l’ouvrage.
L’autrice, Serena Cirillo, prend le temps de développer son récit, nous plongeant dans un été où Mari lutte contre le surmenage professionnel et le deuil mal résolu. Joy, bien plus qu’un simple robot, devient un compagnon attachant, illustrant l’idée que l’IA pourrait être un facilitateur du quotidien plutôt qu’un remplaçant des métiers créatifs.
Pourquoi cela dérange
Ce qui est frappant dans Joy, c’est la manière dont il remet en question les clichés associés à l’IA. Dans un monde où les robots sont souvent perçus comme des menaces, ce récit propose une vision réconfortante. Pourtant, cette douce utopie soulève des questions : l’IA peut-elle vraiment remplacer l’humanité, ou ne fait-elle qu’en souligner l’absence ?
La lenteur du récit, bien que louable, peut sembler dérangeante dans une société qui valorise la rapidité et l’efficacité. En effet, dans un monde où tout doit aller vite, prendre le temps de ressentir et de réfléchir est devenu un luxe.
Ce que cela implique concrètement
La création de Joy soulève des questions sur notre rapport à la technologie. Si l’IA peut alléger nos tâches quotidiennes, elle ne peut pas remplacer les liens humains. Dans un contexte où le travail est de plus en plus précaire et où le soutien psychologique est souvent négligé, l’idée que l’IA puisse devenir un substitut à l’amitié est à la fois séduisante et inquiétante.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que l’on nous promet un avenir radieux grâce à l’IA, la réalité est souvent bien différente. Les discours politiques vantant les mérites de la technologie se heurtent à la dure réalité des inégalités croissantes et de la solitude. Les promesses d’un monde meilleur, où l’IA serait au service de l’humanité, semblent souvent déconnectées des véritables besoins des individus.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette tension entre promesse et réalité se retrouve dans les discours des gouvernements autoritaires. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, l’IA est souvent utilisée comme un outil de contrôle, renforçant les dérives autoritaires plutôt que de favoriser l’émancipation. Dans ce contexte, Joy apparaît comme une bouffée d’air frais, mais aussi comme un rappel que la technologie, si elle n’est pas accompagnée d’une réflexion éthique, peut devenir une arme à double tranchant.
À quoi s’attendre
Si l’on suit les tendances actuelles, l’IA continuera d’évoluer, mais il est crucial de garder à l’esprit que la technologie ne doit jamais remplacer l’humanité. Joy nous rappelle que, même dans un monde de plus en plus technologique, les émotions et les relations humaines demeurent essentielles.
Sources





