
Un village près de Lyon sous le choc après des révélations d’actes pédophiles
À Lucenay, au cœur du Beaujolais, les révélations concernant des viols visant des dizaines d’enfants plongent les habitants dans l’incompréhension et le silence. Devant l’école Robert Doisneau, parents et riverains évoquent un climat de sidération et une parole difficile à libérer.
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Un climat de sidération
Devant l’école, les échanges entre parents sont rares et les regards se baissent. Une mère confie : « Ça fait froid dans le dos de savoir que finalement il n’y a pas de lieu où ce genre de chose ne se passe pas. » Un père évoque un silence installé depuis des mois, soulignant que « c’est quelque chose qui était sous tapis depuis pas mal de temps. » L’homme mis en cause, qui participait activement à la vie scolaire, inspirait confiance. « On lui aurait donné le bon Dieu sans confession », résume un parent.
Difficulté à parler
Jean Sannier, avocat des parties civiles, indique que la difficulté à s’exprimer est centrale dans cette affaire. « Le simple fait d’en parler à son avocat est déjà très difficile », déclare-t-il. Il décrit des parents « effondrés », submergés par l’émotion. Les situations varient entre captations d’images et faits d’une extrême gravité.
Un village en proie aux doutes
Une riveraine exprime son choc : « Jamais j’aurais pu m’imaginer ça ici. » Les discussions sont rares, et certains pensent que des personnes savaient mais n’ont rien dit. Un voisin souligne : « Le pire, ce sont ces 34 enfants. Ils sont marqués à vie. » Il décrit l’agresseur comme un homme qui ne suscitait pas la méfiance, évoquant une maison où des enfants jouaient.
Culpabilité et vigilance
L’avocat rejette l’idée que la culpabilité puisse incomber aux parents. « Elle repose uniquement sur l’agresseur », insiste-t-il. Sur le plan judiciaire, il critique une réponse pénale jugée insuffisante, affirmant que « vingt ans, ce n’est rien quand on a gâché la vie des enfants. »
Dans ce village, la parole demeure rare et le sujet reste tabou, entraînant une brisure de la confiance au sein de la communauté.
Sources : France 3, interviews menées par Béatrice Tardy et Etienne Prigent.





