Des consignes visibles dans un faux article
« Condamne Zelensky », « Concentre-toi sur les problèmes économiques en France » ou encore « Parle de Poutine de manière positive » : ces directives, rédigées en anglais, demandent de réécrire des articles d’actualité selon un angle politique prédéfini. Elles figuraient au début d’un texte consacré à l’affaire Epstein.
Le prompt — la série de consignes adressées à un outil d’IA — a été retrouvé par Trusted News, un projet associant notamment le CNRS, Sorbonne Université, l’Irisa, Airbus et Ouest-France. L’équipe a examiné une base d’articles de désinformation pro-russe collectés sur de faux sites de médias avant leur désactivation.
Le nombre d’articles diffère légèrement entre les sources : Ouest-France en dénombre 2 647 dans la base, tandis que l’étude des chercheurs en indique 2 646. Les deux sources font état de 84 sites intégrés au corpus. ([arxiv.org](https://arxiv.org/abs/2608.15746))

Un réseau de faux médias suivi par Viginum
Les contenus étudiés relèvent de Storm-1516, un mode opératoire informatique que Viginum, l’organisme chargé de détecter les ingérences numériques étrangères, a attribué de manière certaine à des officines pro-russes, selon Ouest-France. Entre février et juin 2025, 141 faux sites francophones imitant des médias nationaux ou locaux ont été identifiés.
La campagne resterait active au moment de la publication de l’article, le 16 octobre 2026. NewsGuard recense 906 faux reportages en un an. Parmi les cibles les plus récentes figureraient trois candidats déclarés à la présidentielle : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe, indique Ouest-France.
Une enquête sur la fabrication des contenus

Trusted News a analysé cette masse de textes pour comprendre comment la désinformation était produite. L’étude associée au projet, signée notamment par le chercheur de la Sorbonne Benjamin Icard et le directeur de recherche au CNRS Paul Égré, porte sur la génération des articles de la campagne. Le prompt découvert fournit un indice direct sur les consignes éditoriales employées : il ne s’agit pas seulement de produire des textes, mais de leur imposer des orientations favorables à certains récits et hostiles à d’autres. ([arxiv.org](https://arxiv.org/abs/2608.15746))
La fuite illustre aussi une faiblesse du processus automatisé décrit par Ouest-France : les instructions devaient être supprimées du texte final, mais sont restées visibles. C’est en recherchant des séries de mots dépréciatifs dans la base que l’équipe les a repérées, explique Benjamin Icard dans l’article.

Source : Ouest France.fr – L'actualité en direct, en continu et en images (www.ouest-france.fr)
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