Une avancée présentée comme un gain territorial
La progression vers Kidal avait été précédée d’informations faisant état de l’envoi de troupes à Anéfis, à une centaine de kilomètres de la ville. Les forces maliennes, appuyées par des membres d’Africa Corps, le groupe paramilitaire russe, sont parties de cette localité pour rejoindre Kidal.
En avril, après le retrait de ses forces de la ville, le chef de l’armée malienne, Oumar Diarra, avait indiqué que celles-ci se repositionnaient à Anéfis tout en conservant des positions dans la région. Ce maintien a constitué un point d’appui pour leur retour vers Kidal.
Pour Beverly Ochieng, analyste sécuritaire spécialiste du Sahel chez Control Risks, cette reprise place les autorités militaires dans une position plus favorable en réaffirmant leur contrôle du territoire. Elle souligne toutefois que cette portée peut être en partie symbolique.
Le retrait du FLA ne signifie pas nécessairement une défaite
Le FLA affirme avoir quitté Kidal dans le cadre d’un « repli stratégique et maîtrisé ». Beverly Ochieng estime que ce retrait ne permet pas, à lui seul, de conclure à une défaite des rebelles : il pourrait aussi s’agir d’un mouvement tactique.
L’analyste n’exclut pas une reprise de la médiation entre Bamako et les groupes rebelles. Avec le retour de Kidal sous contrôle de l’armée, les autorités maliennes pourraient aborder d’éventuelles négociations en position renforcée, selon son analyse.
La situation reste néanmoins incertaine. Beverly Ochieng avertit que les rebelles pourraient relancer les hostilités, éventuellement avec l’appui du Jnim, groupe djihadiste proche d’Al-Qaïda. Cette possibilité est présentée comme un risque, et non comme un développement annoncé.
Un rapprochement entre Bamako et Alger
La reprise de Kidal intervient alors que les relations entre le Mali et l’Algérie semblent se réchauffer. Elles s’étaient détériorées après la rupture de l’accord entre Bamako et les rebelles touaregs, conclu sous médiation algérienne. Les autorités maliennes avaient également accusé Alger de soutenir leurs opposants.
Un dégel est désormais évoqué, l’Algérie s’étant dite favorable à une coopération militaire avec le Mali et le Niger. Ce rapprochement pourrait contribuer à rendre une médiation de nouveau envisageable, sans garantir qu’elle aboutira.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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