Un premier microblazar détecté dans la Voie lactée, avec un jet orienté vers la Terre
Le système binaire IRAS 18293-0941, situé à environ 12 000 années-lumière dans la Voie lactée, est présenté comme le premier microblazar identifié dans notre galaxie. Il associe une étoile massive à un trou noir dont deux jets de matière filent à près de 225 000 km/s. L’un d’eux est orienté presque en direction de la Terre, sans constituer une menace à cette distance. (api.uva.nl)
Un système connu depuis des décennies
IRAS 18293-0941 n’est pas un nouvel objet céleste : il figurait déjà dans le catalogue IRAS en 1983. Son intérêt particulier n’a été mis en évidence qu’après que des chercheurs ont remarqué son noyau compact et lumineux, qui semblait émettre un jet. Des observations dans plusieurs domaines — radio, rayons X et rayons gamma — ont ensuite permis d’étudier le système.
Il est composé d’une étoile massive et chaude en orbite autour d’un trou noir d’environ dix masses solaires. Leur période orbitale est inférieure à douze jours. Le trou noir attire de la matière qui forme autour de lui un disque d’accrétion ; deux jets sont expulsés depuis cette région, en directions opposées.
Selon les observations rapportées par les chercheurs, ces jets atteignent environ les trois quarts de la vitesse de la lumière, soit quelque 225 000 km/s. L’un pointe presque vers la Terre. La distance de 12 000 années-lumière sépare toutefois le système de notre planète : l’article consacré à la découverte indique que le jet ne présente pas de danger pour la biosphère.
Une première à l’échelle de la Voie lactée
Les astronomes connaissent déjà les blazars, des noyaux de galaxies lointaines dont les jets sont dirigés vers nous. IRAS 18293-0941 relèverait d’un phénomène comparable, mais à une échelle beaucoup plus petite : le trou noir se trouve dans un système binaire de notre galaxie, plutôt qu’au centre d’une galaxie distante. C’est ce type d’objet que l’on appelle un microblazar.
L’existence de microblazars était envisagée depuis une trentaine d’années, mais aucun cas n’avait jusque-là été confirmé par une observation. La découverte a été annoncée le 22 septembre 2026. Elle offre aux chercheurs la possibilité d’étudier plus en détail un système de ce type, plus proche que les blazars extragalactiques connus.
La puissance du jet aurait également marqué son environnement : d’après les observations citées dans l’étude, il aurait balayé une région d’environ 100 années-lumière. Le système est ainsi décrit comme un accélérateur naturel de particules. Cette perspective fait partie de l’intérêt scientifique de la découverte, sans changer le fait que le phénomène se déroule à une très grande distance de la Terre.
Benito Marcote, co-auteur de l’étude, souligne que l’observation d’un objet analogue dans notre galaxie permet d’examiner la physique des blazars avec davantage de détail que pour leurs lointains équivalents extragalactiques.
Source : Les Numériques – Toute l’actualité, les tests et dossiers, les bons plans de la catégorie Science & Espace (www.lesnumeriques.com)
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Auteur : Brice Haziza
