
Un médecin girondin condamné à un an de prison ferme pour prescription abusive de fentanyl
Un généraliste de La Réole, âgé de 69 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Bordeaux à un an de prison ferme pour avoir prescrit du fentanyl, un opiacé classé comme stupéfiant, à des patients sans respecter les normes de prescription. La décision du tribunal s’aligne avec les réquisitions du ministère public.
En plus de sa peine d’emprisonnement, le médecin devra verser 137 000 euros de dommages et intérêts à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) du Lot-et-Garonne, 10 738 euros à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) de la Gironde, 25 302 euros à la MSA de la Dordogne, ainsi que 1 500 euros au Conseil de l’ordre des médecins.
Le docteur Ducourneau a été poursuivi pour plusieurs infractions, notamment l’aide au mésusage d’un médicament, la prescription non conforme à trois patients, la mise en danger de la vie d’autrui et des escroqueries. Lors de l’audience, il avait justifié ses actes en affirmant avoir eu « une attitude réfléchie en fonction des douleurs des patients ».
Les pratiques du médecin ont été signalées aux autorités au cours de l’année 2023, lorsque des patients ont rapporté avoir obtenu ce médicament de manière très facile. L’enquête a révélé qu’une patiente avait reçu 2 840 flacons en trois ans, tandis qu’un autre patient en avait reçu 2 600, soit 35 à 40 doses par jour, alors que la limite d’usage recommandée par le laboratoire est de huit doses quotidiennes.
Le président du tribunal, Gérard Pitti, a souligné lors du jugement que le médecin n’était ni oncologue ni cancérologue, et a exprimé la nécessité d’arrêter ses pratiques. À la sortie de l’audience, le médecin a été accueilli par un comité de soutien, qui s’est dit surpris par la sévérité du jugement à l’égard d’un professionnel qu’ils considèrent comme ayant aidé de nombreuses personnes.
Le fils du docteur, Corentin Ducourneau, a témoigné de l’engagement de son père envers ses patients, affirmant qu’il travaillait souvent tard dans la nuit et était toujours disponible pour ceux qui avaient besoin de lui.
Source : Sud Ouest





