Trump déchaîne les centrales : quand la pollution devient la nouvelle norme américaine
Le fait principal
Brûler toujours plus de charbon et de gaz pour produire de l’électricité : le gouvernement climatosceptique de Donald Trump a abrogé, le 14 septembre, des limites d’émissions polluantes des centrales électriques. Un coup dur pour les réglementations visant à lutter contre le changement climatique.
Ce qui s’est passé
Cette me, annoncée lors de la réunion des ministres de l’énergie du G20 à Houston (Texas), enterre non seulement des règles de décarbonation adoptées en 2024 sous Joe Biden, mais propose également d’empêcher toute future réglementation dans ce domaine. Lee Zeldin, patron de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), a déclaré que l’administration Trump entendait « protéger le secteur énergétique américain » tout en assurant un coût abordable pour les ménages. Ce détricotement réglementaire survient alors que les États-Unis ont connu l’été le plus chaud de leur histoire, accompagné d’une vaste sécheresse.
Le contexte
Le secteur énergétique représente près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis, premier pollueur historique. Alors que la demande d’électricité explose avec le développement de l’intelligence artificielle, qui nécessite des centres de données énergivores, les critiques fusent. Rachel Cleetus, de l’association Union of Concerned Scientists, a dénoncé un « cadeau flagrant aux pollueurs », soulignant que l’EPA a complètement renoncé à sa mission.
Les chiffres à retenir
– 25% : Proportion des émissions de gaz à effet de serre américaines provenant du secteur énergétique.- 41% : Part des centrales à gaz naturel dans la production électrique totale des États-Unis.- 17% : Part des centrales à charbon dans la production électrique totale des États-Unis.- 6ème : Rang mondial du secteur électrique américain en tant que pollueur, s’il était un pays.
Ce que cela révèle
Ce revirement de l’administration Trump, qui a déjà sorti les États-Unis de l’Accord de Paris, met en lumière une contradiction criante : sacrifier la santé publique et l’environnement sur l’autel du profit des industries fossiles. L’EPA soutient que les objectifs fixés par le « Clean Air Act » sont impossibles à tenir, tout en se moquant des conséquences désastreuses pour le climat. Un double discours qui rappelle les promesses non tenues des politiques environnementales, et qui pourrait se heurter à une résistance judiciaire de plus en plus forte.
Ce qu’il faut retenir
La décision de Donald Trump d’abroger les limites d’émissions polluantes est un coup de grâce pour les efforts de décarbonation, révélant une priorité inquiétante pour les intérêts économiques au détriment de la santé publique et de la planète. Les conséquences de cette politique risquent de se faire sentir longtemps, alors que les États-Unis continuent de jouer les premiers rôles sur la scène du changement climatique.
Source : La Croix
