
Transparence de la vie publique : que propose l’assemblée citoyenne ?
La scène est inhabituelle. Samedi 25 avril, dans l’hémicycle du boulevard Vauban, vingt-quatre Calédoniens, membres de la première assemblée citoyenne de Nouvelle-Calédonie, prennent place à la place des élus. Cette initiative, lancée par le Congrès, vise à associer les citoyens à la réflexion sur l’action publique. L’objectif est d’améliorer la communication entre les institutions et les citoyens, ainsi que la compréhension des décisions prises.
Les participants, tirés au sort, viennent de divers horizons et représentent « la diversité de la Nouvelle-Calédonie », selon Veylma Falaeo, présidente du Congrès. Ils se sont réunis les 27 et 28 mars, puis les 24 et 25 avril, pour discuter des outils et règles à mettre en place pour améliorer la transparence des décisions publiques et renforcer la confiance des administrés envers les institutions. Ce thème a été retenu lors d’une consultation publique préalable.
L’assemblée a rendu son avis le 25 avril, qui sera présenté aux élus lors d’une commission plénière le 29 avril, suivi d’une restitution publique. Le document comporte 17 propositions visant à rendre l’action des institutions plus lisible, à offrir un espace d’expression aux administrés et à justifier les dépenses publiques. Veylma Falaeo a qualifié ces propositions de « réalistes et construites ».
Parmi les suggestions, Jovanka Cherika, ancienne salariée de KNS, a proposé la création d’une plateforme en ligne où les collectivités pourraient communiquer sur leurs projets et où la population pourrait donner son avis. Elle souligne l’importance de prendre en compte l’avis des citoyens, notamment sur l’utilisation des financements publics.
Cette initiative ne doit pas rester lettre morte. Veylma Falaeo a exprimé son désir de pérenniser le concept d’assemblée citoyenne et d’inscrire durablement la démocratie participative dans les pratiques. Avec Vaimu’a Muliava, elle travaille à l’élaboration d’une proposition de délibération pour instaurer un dispositif de participation citoyenne au sein du Congrès, espérant que cela soit réalisé avant la fin de la mandature.
Le rapport des citoyens évoque un contexte de « montée de la défiance » envers les institutions, due à une mauvaise connaissance des habitants, un manque de transparence et une distance perçue entre les élus et la population. Les préconisations incluent le renforcement de l’éducation civique, la garantie du droit à l’information, et l’ouverture des institutions au public.
Cette démarche expérimentale de démocratie participative pourrait représenter un pas significatif vers une meilleure implication des citoyens dans la vie publique en Nouvelle-Calédonie.
(Source : LNC)




