TPE rurales : quand les promesses de proximité du RN se heurtent à l’indifférence locale !
Le fait principal
L’étude « Artisans et commerçants : fabrique de la cohésion en ruralité », publiée par l’Institut Terram, révèle que les dirigeants de très petites entreprises (TPE) en milieu rural, bien ancrés dans leur territoire, peinent à s’impliquer pleinement dans la vie locale malgré leur attachement indéniable.
Ce qui s’est passé
Menée en partenariat avec Le Lab Bpifrance, cette étude a interrogé 893 dirigeants et réalisé 19 entretiens avec des chefs d’entreprise et des élus. Les résultats montrent que 43% des dirigeants ont grandi sur place et deux tiers résident dans la commune de leur entreprise. Malgré ce lien fort, leur engagement dans la vie locale est inégal, oscillant entre soutien au tissu associatif (71%) et réticence à établir des relations avec les collectivités territoriales.
Le contexte
La ruralité, souvent perçue comme une contrainte par les dirigeants (48% la considèrent comme un mélange d’atouts et de difficultés), offre pourtant des avantages tels que la fiabilité de la main-d’œuvre et un marché local peu concurrentiel. Cependant, les défis de recrutement (57%) et d’accès au financement freinent leur développement. Ce paradoxe met en lumière la nécessité d’une meilleure coopération entre élus et entrepreneurs, un domaine où les attentes des premiers ne rencontrent pas celles des seconds.
Les chiffres à retenir
– 43% des dirigeants ont grandi sur place.- 73% accueillent des stagiaires et des apprentis.- 71% soutiennent le tissu associatif.- 57% citent des difficultés de recrutement.- 36% estiment ne recevoir aucun accompagnement notable.
Ce que cela révèle
Les relations entre dirigeants et élus sont marquées par une satisfaction mitigée : 72% des dirigeants sont contents de leur maire, mais 55% jugent leurs préoccupations insuffisamment prises en compte. Loin d’être une simple question d’opposition d’intérêts, ces divergences révèlent une méconnaissance réciproque des marges de manœuvre. Les élus semblent ignorer les besoins spécifiques des TPE, tandis que ces dernières se plaignent des lourdeurs administratives. Une situation qui pourrait faire sourire si elle n’était pas si préoccupante.
Ce qu’il faut retenir
L’étude met en avant un paradoxe : l’attachement des dirigeants de TPE à leur territoire ne se traduit pas toujours par un engagement actif dans la vie locale. Pour remédier à cette situation, un appel à l’action est lancé, soulignant la nécessité d’une approche proactive de la part des élus pour établir des relations fructueuses. En somme, la ruralité pourrait être une force, mais seulement si les acteurs locaux se parlent vraiment.
Source : Emilie Zapalski pour Localtis
