
TÉMOIGNAGE. Le casse-tête des athlètes handisport pour financer leurs fauteuils roulants : « On prône l’autonomie mais on met des stops »
Publié le 17/05/2026 à 07h00
Temps de lecture : 4 min
En France, 150 000 personnes achètent un fauteuil roulant chaque année. Cependant, pour beaucoup, cela se transforme en un véritable parcours du combattant, entre coûts exorbitants et lenteurs administratives. Les athlètes handisport rencontrent des difficultés encore plus importantes, leurs fauteuils spécifiques coûtant souvent bien plus cher.
Pour Daniel De Sousa Do Rego, passionné de moto, ce sport est une véritable source de motivation, surtout après un grave accident qui l’a rendu paraplégique il y a neuf ans. « C’est ça qui m’a fait revivre, je me sens libre », confie-t-il. Cependant, depuis 2024, il a dû mettre sa passion de côté pour se concentrer sur l’achat d’un nouveau fauteuil roulant, son ancien étant devenu dangereux après plus de cinq ans d’utilisation.
Daniel a dû remplir de nombreux dossiers et passer des centaines d’appels pour obtenir son nouvel équipement. « Le temps d’attente est long. Parfois, s’il y a une erreur sur un document, on doit attendre 4 à 6 mois pour avoir une réponse. Quand c’est urgent, c’est dur à encaisser », explique-t-il. Ce processus, qu’il qualifie de « parcours du combattant », a duré près de deux ans avant qu’il ne soit enfin livré début 2026.
Pour financer son fauteuil adapté à ses besoins sportifs, Daniel a dû réunir 15 000 euros. La Sécurité sociale ne rembourse que 558 euros, ce qui laisse un reste à charge conséquent. « Il faut démarcher des aides exceptionnelles auprès de mutuelles et d’autres organismes », souligne-t-il.
Face à des coûts aussi élevés, de nombreux athlètes sont contraints de chercher des solutions alternatives. Daniel a même envisagé d’acheter un fauteuil sur une plateforme en ligne pour 650 euros, alors que le même modèle en France coûte 12 000 euros. « C’est choquant de voir une telle différence de prix », déplore-t-il.
Chaque année, 10 000 fauteuils spécifiques sont vendus en France, et beaucoup de personnes évoquent des difficultés similaires. Jordan Gaudiller, enseignant en activité physique adaptée, souligne : « On prône l’autonomie, mais on met des stops. Un fauteuil inadapté peut causer des escarres et aggraver la condition des utilisateurs. »
Une réforme mise en place en décembre 2025 vise à rembourser intégralement les fauteuils classiques, mais les fauteuils adaptés et sportifs ne bénéficient que d’un remboursement multiplié par quatre, passant de 600 à 2 400 euros. Cependant, de nombreuses demandes restent refusées, ce qui suscite des inquiétudes parmi les utilisateurs.
Daniel, quant à lui, se prépare à reprendre la moto à la fin du mois de mai sur le circuit de Dijon-Prenois, marquant la fin d’une longue période de galères.
Source : France3 Régions


