Tanguy Viel à Sciences Po : quand l’écriture devient l’art de contourner la réalité politique.
Le fait principal
Tanguy Viel, auteur reconnu pour ses explorations des rapports de domination et de manipulation, a été nommé le seizième titulaire de la chaire d’écriture de la Maison des arts et de la création de Sciences Po, prenant ses fonctions à l’automne 2026.
Ce qui s’est passé
Le 17 septembre, lors d’un événement à Sciences Po, Tanguy Viel a succédé à Jérôme Ferrari, marquant ainsi un passage de relais symbolique. Bien que ce changement puisse sembler anodin, il s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la création littéraire et son rôle dans la société contemporaine. Viel, déjà célèbre pour ses romans, dispense ce semestre deux ateliers d’écriture, intitulés “De l’expérience à l’expression : écrire la vie” et “Écrire à plusieurs voix”, visant à encourager les étudiants à explorer leur propre voix narrative.
Le contexte
Viel a construit sa carrière autour d’une œuvre romanesque où le suspense et la réflexion sociale se mêlent habilement. Avec des titres tels que *Article 353 du Code pénal*, qui aborde les inégalités sociales, et *La Fille qu’on appelle*, une fable sur la domination masculine, il s’impose comme une figure incontournable de la littérature française actuelle. Ce choix de chaire pourrait aussi être perçu comme une réponse à la montée des discours populistes et extrémistes, qui cherchent à réduire la complexité des récits humains à des slogans simplistes.
Les chiffres à retenir
Depuis 1998, date de la publication de son premier roman, Tanguy Viel a reçu plusieurs prix littéraires, dont le Grand Prix RTL-Lire et le prix François-Mauriac pour *Article 353 du Code pénal*. Ce dernier roman, construit comme une confession, illustre la puissance du récit face aux injustices sociales.
Ce que cela révèle
Le choix de Tanguy Viel à la chaire d’écriture pourrait être interprété comme un coup de pied dans la fourmilière littéraire française, qui parfois semble trop encline à se complaire dans des narrations convenues. Alors que le RN et d’autres mouvements de droite tentent de s’approprier le discours de la « vraie France », Viel rappelle que la littérature peut être un espace de résistance et de réflexion critique. En effet, sa vision pourrait bien contrarier ceux qui souhaitent réduire les débats à des dichotomies simplistes.
Ce qu’il faut retenir
La nomination de Tanguy Viel à Sciences Po est bien plus qu’un simple changement de titulaire. Elle marque une volonté d’ancrer la littérature dans les luttes sociales contemporaines, tout en offrant aux étudiants un espace pour questionner et réinventer leurs propres récits. Dans un monde où les voix dissidentes se font souvent étouffer, l’écriture devient un acte politique essentiel.
Sources : Sciences Po, Éditions de Minuit.
