
Surpopulation carcérale : l’Ufap-Unsa appelle à bloquer les prisons françaises
L’Ufap-Unsa, l’un des principaux syndicats de surveillants pénitentiaires, a lancé un appel, lundi 27 avril, pour bloquer les établissements pénitentiaires en France. Cette initiative vise à exiger des mesures d’urgence face à la surpopulation carcérale et à la pénurie de personnel.
Depuis plusieurs mois, surveillants et directeurs de prison alertent sur un système pénitentiaire en crise. En janvier, le Conseil de l’Europe a dénoncé l’état des prisons françaises, souvent surpeuplées et dans des conditions insalubres, évoquant le risque de les voir devenir des « entrepôts humains ».
Les chiffres récents montrent que la situation est alarmante : au 1er mars, le taux d’occupation des prisons était de 137,5 %, avec 87 126 détenus pour moins de 63 500 places disponibles. La France est parmi les pays européens les plus touchés par la surpopulation carcérale, surpassée uniquement par la Slovénie et Chypre, qui ont des populations carcérales nettement inférieures.
Avec une augmentation hebdomadaire d’environ 200 détenus, la barre des 90 000 incarcérés pourrait être atteinte rapidement, suscitant des inquiétudes quant à une montée des tensions cet été dans des cellules déjà surpeuplées. L’Ufap-Unsa a également signalé un déficit de 5 000 postes de surveillants non pourvus.
Environ 80 établissements pénitentiaires, sur près de 190, pourraient être concernés par ce mouvement. Le syndicat FO Justice, majoritaire chez les surveillants, ne soutient pas cette action, la jugeant « trop tôt ». Les modalités de blocage, telles que l’annulation des parloirs et le filtrage des visites, seront décidées localement.
Un projet de loi est en préparation pour faire face à cette crise, notamment en interdisant l’utilisation de matelas posés au sol dans les cellules, une pratique qui concerne près de 7 000 détenus. Cependant, aucun calendrier n’a été annoncé pour son examen et son adoption.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, s’est opposé à toute régulation de la population carcérale, qui nécessiterait des mesures pour équilibrer les entrées et les sorties des prisons. Le ministère de la Justice prévoit d’ouvrir 3 000 nouvelles places dans des prisons modulaires d’ici 2027, mais moins d’un tiers des 15 000 places supplémentaires promises dans un plan national de 2018 ont été réalisées. Bien que Darmanin ait souligné une hausse des expulsions de détenus étrangers, les syndicats estiment que cela ne résoudra pas la crise de surpopulation.
Source : La Croix




