Stratégie européenne : le gouvernement se félicite, mais les RUP attendent encore des actes !
Le fait principal
Le gouvernement français se félicite des avancées de la nouvelle stratégie européenne pour les régions ultrapériphériques (RUP), jugée favorable à des enjeux cruciaux tels que la pêche, la déforestation et l’agriculture tropicale.
Ce qui s’est passé
Le 14 septembre 2026, le gouvernement a réagi à la présentation, par la Commission européenne, d’un paquet législatif visant à intégrer un « réflexe RUP » dans l’élaboration des textes européens. Les ministères de l’Europe et des Outre-mer ont souligné que des priorités telles que la pêche à Mayotte et la déforestation en Guyane avaient été entendues. À Mayotte, la flotte de pêche pourra être renforcée jusqu’à fin 2030, tandis qu’en Guyane, des mes spécifiques contre la déforestation seront mises en place. La prolongation de l’octroi de mer jusqu’en 2030 et des adaptations en matière d’immigration ont également été annoncées.
Le contexte
Cette nouvelle stratégie s’appuie sur l’article 349 du traité de fonctionnement de l’Union européenne et vise à répondre à des problématiques spécifiques des RUP, souvent oubliées dans les politiques européennes. Le Premier ministre a récemment visité Mayotte pour évoquer ces enjeux, notamment en matière d’immigration, un sujet particulièrement sensible dans cette région. Les promesses gouvernementales semblent s’inscrire dans une volonté de mieux intégrer les RUP dans le cadre européen, mais les attentes demeurent élevées.
Les chiffres à retenir
– Jusqu’à 1.500 tonnes par an de vivaneau rouge du Sud pêché dans la ZEE guyanaise bénéficieront d’une exonération de droits de douane.- Prolongation de l’octroi de mer jusqu’en 2030.- Adaptation du règlement européen contre la déforestation aux réalités guyanaises.
Ce que cela révèle
Derrière les déclarations triomphantes du gouvernement, une question demeure : ces avancées seront-elles réellement mises en œuvre ou ne sont-elles qu’un mirage politique ? Les promesses de soutien aux productions tropicales et d’exonération douanière semblent séduisantes, mais le passé a montré que les intentions ne se traduisaient pas toujours en actions concrètes. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, parle d’une bataille gagnée, mais la réalité sur le terrain pourrait bien lui donner tort. En matière d’immigration, la conditionnalité de l’aide publique au développement à la coopération des pays voisins soulève également des interrogations sur l’efficacité de ces mes.
Ce qu’il faut retenir
La nouvelle stratégie européenne pour les RUP suscite des espoirs, mais les doutes persistent quant à sa mise en œuvre effective. Les enjeux sont majeurs et les attentes des populations locales, légitimes. Reste à voir si le gouvernement saura transformer ces promesses en réalités tangibles, loin des discours bien rodés.
Source : Localtis, Michel Tendil
