
Joseph E. Stiglitz à Genève : Un plaidoyer pour la liberté de la presse et le dessin de presse
Le 4 mai 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz a pris la parole au Graduate Institute de Genève. Son intervention a souligné l’importance cruciale de la liberté de la presse et du dessin de presse dans le contexte actuel, marqué par un recul des libertés à l’échelle mondiale.
L’événement, qui a attiré un public nombreux malgré des conditions météorologiques défavorables, a également été l’occasion de remettre le Prix international du dessin de presse 2026, organisé par la fondation Freedom Cartoonists et la Ville de Genève. Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, a mis en lumière les menaces pesant sur la presse, notamment aux États-Unis, où l’administration Trump a été critiquée pour ses attaques contre les institutions démocratiques.
Marie Barbey-Chappuis, conseillère administrative de la Ville de Genève, a ouvert le débat en affirmant que « partout la presse est menacée ». Elle a souligné que l’information est souvent éclipsée par le divertissement, et a averti que le populisme, qu’elle qualifie de « virus », a des répercussions même en Suisse. Elle a appelé à renforcer les voix en faveur d’une presse libre pour contrer cette tendance.
Stiglitz a ensuite pris la parole, insistant sur l’urgence de défendre les valeurs démocratiques. Il a déclaré : « Ne capitulez pas ! », rappelant que la Constitution américaine représente des valeurs à protéger et non simplement un document. Lors de son discours, il a rendu hommage au dessin de presse comme un outil essentiel pour la défense de la liberté d’expression.
Le prix « Kofi Annan Courage in Cartooning Award » a été attribué à Jimmy « Spire » Ssentongo d’Ouganda et à Safaa Odah, qui est actuellement bloquée à Gaza. Cet événement se déroule dans un contexte où le classement de Reporters sans frontières 2026 indique un recul de la liberté de la presse dans de nombreuses démocraties occidentales. Stiglitz a évoqué la précarisation du métier de journaliste, exacerbée par la crise des modèles économiques des médias traditionnels face aux géants du numérique.
Le dessin de presse, selon Stiglitz, est un allié précieux pour les citoyens, permettant de déchiffrer les mécanismes de domination. Comme l’a noté Oscar Wilde, « La caricature est l’hommage que la médiocrité paie au génie », une affirmation qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de défense des libertés.
Source : Benjamin Joyeux, Librinfo, 6 mai 2026.





