Souveraineté alimentaire : le grand gâchis polynésien ?

Souveraineté alimentaire : le grand gâchis polynésien ?

Un constat amer : l’importation double la production locale. Les importations agricoles en Polynésie atteignent 63 milliards de F CFP, soit deux fois la valeur des produits locaux. Cette situation met en lumière un recul inquiétant de l’autonomie alimentaire, exacerbée par une dépendance extérieure croissante.

Le plan 2021-2030, qui prévoit un budget record de 102 milliards de F CFP pour 334 actions, soulève des questions quant à son efficacité. Entre 2020 et 2023, 11 filières sur 13 ont vu leur production chuter. En tentant de subventionner l’ensemble du secteur, le Pays semble avoir perdu de vue une stratégie cohérente.

Les subventions, bien que nécessaires à la survie des exploitations, ne favorisent pas leur structuration face à la concurrence. Cette aide publique est souvent qualifiée de « maintien sous perfusion » par les magistrats, soulignant un manque de transformation réelle du secteur. La réduction des volumes locaux entraîne également une hausse des prix en rayon.

L’instabilité politique en Polynésie est un facteur aggravant. La Cour des comptes souligne que les changements fréquents de priorités politiques ont entravé la mise en place d’une stratégie durable. Produire localement est déjà un défi logistique immense, et l’absence de continuité politique complique davantage cette tâche.

Pour remédier à cette situation, des recommandations ont été formulées, appelant à une gouvernance plus rigoureuse et un soutien affirmé aux collectifs d’agriculteurs. La souveraineté alimentaire pourrait ainsi passer d’un slogan de campagne à une réalité tangible, à condition de passer d’un soutien à la survie à une véritable stratégie de conquête du marché local.

Source : La 1ère France Info

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