Sourds et malentendants : la France s’équipe, mais le RN reste sourd aux besoins citoyens !
Le fait principal
Dans six mois, toutes les communes françaises devront être prêtes à accueillir les usagers sourds ou malentendants, conformément à une ordonnance de 2023. Bien que l’objectif soit louable, la mise en œuvre s’annonce comme un véritable casse-tête pour les collectivités.
Ce qui s’est passé
Le décret d’application, publié le 3 septembre, prévoit que les services publics doivent offrir une traduction simultanée écrite et visuelle des informations orales. Cela inclut des dispositifs variés comme la transcription écrite instantanée ou la visio-interprétation via un interprète en langue des signes. Le décret entrera en vigueur le 1er mars 2027, laissant peu de temps aux communes pour s’organiser.
Le contexte
La loi sur l’accessibilité de 2005 a déjà posé les bases, mais ce décret ajoute une pression supplémentaire. Les représentants de l’AMF ont exprimé leurs inquiétudes quant au coût de cette mise en conformité. Les estimations varient entre 20 000 et 80 000 euros par an pour les services de visio-interprétation, tandis que le gouvernement propose un budget moyen de seulement 3 000 euros pour les communes. Une contradiction qui laisse perplexe.
Les chiffres à retenir
– Coût des services de visio-interprétation : entre 20 000 et 80 000 euros HT par an.- Estimation gouvernementale pour les communes : 3 000 euros par an.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une réalité tragique : le gouvernement impose des obligations sans fournir les moyens nécessaires. Les communes, déjà sous pression budgétaire, sont laissées à elles-mêmes. Comment financer un service qui pourrait multiplier les coûts en fonction du nombre de points d’accueil ? L’AMF souligne que la formation des agents en langue des signes pourrait également peser lourd dans la balance. Le manque d’anticipation de l’État, qui a mis trois ans à publier ce décret, est flagrant.
Ce qu’il faut retenir
Entre promesses d’accessibilité et réalité budgétaire, le fossé se creuse. Les communes doivent se préparer à relever un défi de taille, tout en se demandant comment elles vont pouvoir financer ce nouveau service. Une situation qui pourrait bien révéler l’absence de vision à long terme de nos dirigeants.
Sources : AMF, décret d’application sur l’accessibilité.
