Djen Djen : 5 700 t de marchandises pour Djibouti, la promesse de souveraineté en mer se noie !
Le fait principal
Le dimanche 20 septembre, le port de Djen Djen (Jijel) a réalisé un transbordement de 5 700 tonnes d’acier en provenance de Chine, à destination de Djibouti. Cette opération, présentée comme la troisième du genre, marque une évolution significative dans le rôle de ce port algérien.
Ce qui s’est passé
L’Entreprise portuaire de Djen Djen (EPDJ), filiale du groupe public Serport, a réceptionné 537 bobines d’acier à bord du navire MV SEADANCE. Cette cargaison, qui n’était pas destinée au marché algérien, a simplement fait escale à Djen Djen, soulignant ainsi un nouveau rôle pour le port, traditionnellement orienté vers le commerce national. La première opération de transbordement avait eu lieu en janvier 2026, avec l’arrivée d’un navire chinois.
Le contexte
Djen Djen, jusqu’ici surtout associé à l’économie algérienne, devient un maillon dans les chaînes logistiques internationales. L’EPDJ décrit le port comme un « maillon entre les lignes de navigation maritime internationales et les marchés régionaux ». Avec une superficie de 210 hectares et un tirant d’eau de -18,20 mètres, le port se positionne stratégiquement à proximité de la route maritime reliant le canal de Suez au détroit de Gibraltar.
Les chiffres à retenir
– 5 700 tonnes d’acier, correspondant à 537 bobines, transbordées.- Trois opérations de transbordement depuis janvier 2026.- Le MV SEADANCE, battant pavillon maltais, a accosté à Djen Djen depuis le 20 juillet 2026, avec un chargement total de 43 500 tonnes.
Ce que cela révèle
Cette évolution soulève des questions sur l’avenir du port. Alors que l’EPDJ ambitionne de devenir un hub majeur en Méditerranée, les infrastructures restent inachevées et les délais de livraison sont souvent repoussés. La promesse d’un port tourné vers l’international semble encore très éloignée de la réalité actuelle, où le transbordement n’est qu’une activité ponctuelle. Les ambitions affichées par l’EPDJ contrastent avec les faits : le projet de terminal à conteneurs, lancé en 2015, n’a toujours pas atteint sa pleine capacité. Pour un port qui souhaite se positionner comme un leader logistique, cette lenteur est difficilement défendable.
Ce qu’il faut retenir
Le port de Djen Djen se transforme, mais à un rythme qui laisse songeur. Entre promesses de développement et retards chroniques, l’Algérie doit encore prouver qu’elle peut s’imposer sur la scène maritime internationale. Source : Algerie360
