
Sortir des énergies fossiles : un impératif face au système productiviste et consumériste
La première conférence mondiale sur la transition énergétique, coprésidée par la Colombie et les Pays-Bas, se tiendra du 24 au 29 avril 2026 à Santa Marta. Cet événement fait suite à l’échec constaté lors de la COP30, où l’ambition de sortir des énergies fossiles n’a pas été réaffirmée.
L’ampleur des enjeux est considérable. Depuis la COP21 et l’Accord de Paris en 2015, environ 7 900 milliards de dollars ont été investis par les grandes banques dans les énergies fossiles. Cette somme finance 2 343 projets d’extraction de pétrole, de gaz et de charbon à travers le monde, dont 601 sont classés comme des « bombes carbone », chacun pouvant émettre plus d’une gigatonne de CO₂.
Ces projets, sur leur durée de vie, pourraient générer 1 400 gigatonnes de CO₂, ce qui représente onze fois le budget carbone nécessaire pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. Ignorant les recommandations du GIEC et de l’Agence internationale de l’énergie, qui stipulent qu’aucun nouveau projet fossile ne devrait voir le jour après 2021, ces initiatives conduisent à une surchauffe planétaire.
TotalEnergies, un acteur majeur dans ce domaine, est impliquée dans 154 projets fossiles à travers le monde, dont 30 bombes carbone. Malgré des investissements dans les énergies renouvelables, l’entreprise a récemment été condamnée pour greenwashing par la justice française.
Les conséquences de ces choix sont désastreuses. Les populations des pays du Sud, notamment en Afrique de l’Est, subissent des violations de droits humains liées à des projets comme EACOP. Les communautés les moins responsables de la crise climatique sont souvent les plus touchées.
À l’approche de la conférence de Santa Marta, un appel à l’action est lancé par un groupe de leaders religieux et d’acteurs engagés. Ils demandent aux entreprises, notamment TotalEnergies, de renoncer aux énergies fossiles et d’orienter leurs modèles vers les énergies renouvelables.
Sortir des énergies fossiles implique de rejeter la hiérarchie et les inégalités qui en découlent, tout en promouvant le respect des droits humains et des cultures locales. Ce mouvement vise à établir un équilibre entre le bien-être des individus et la protection de l’environnement, en s’opposant à la quête de profits à court terme.
La conférence de Santa Marta pourrait être l’occasion de poser les bases d’un changement profond et nécessaire, permettant de construire un avenir durable pour tous.
Source : La Croix





