La Cour internationale de justice examine le litige entre le Guyana et le Venezuela sur l'Essequibo

La Cour internationale de justice examine le litige entre le Guyana et le Venezuela sur l’Essequibo

La Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye a débuté, le 4 mai 2026, l’examen du différend territorial entre le Guyana et le Venezuela concernant la région de l’Essequibo. Ce procès, qui s’étendra sur une semaine, vise à déterminer l’appartenance de cette zone riche en ressources pétrolières.

Les tensions entre le Guyana, un petit pays anglophone, et le Venezuela se sont intensifiées au cours des dix dernières années, Caracas ayant réactivé ses revendications sur ce territoire de 160 000 km², représentant les deux tiers de la superficie totale du Guyana. L’Essequibo est sous l’administration de Georgetown depuis plus d’un siècle et a suscité l’intérêt du Venezuela depuis la découverte, en 2015, de gisements pétroliers par Exxon Mobil.

Le Venezuela s’appuie sur un accord signé en 1966 avec le Royaume-Uni, avant l’indépendance du Guyana, pour revendiquer cette région. Caracas considère le fleuve Essequibo, situé plus à l’est que la frontière actuelle, comme une frontière naturelle, conformément à des accords datant de l’époque coloniale espagnole.

Les audiences, qui s’achèveront le 11 mai, examineront la validité de la sentence arbitrale du 3 octobre 1899, qui avait établi la frontière entre les deux pays. Le Guyana défend cette délimitation et a saisi la CIJ avec le soutien des États-Unis pour résoudre ce conflit, qui a alimenté des craintes d’escalade militaire. Nicolas Maduro, ancien président vénézuélien, avait régulièrement menacé d’annexer l’Essequibo, une stratégie visant à détourner l’attention des difficultés économiques du Venezuela.

Delcy Rodriguez, successeure de Maduro, a récemment réitéré ces revendications, portant une broche représentant une carte du Venezuela incluant l’Essequibo, provoquant la réaction indignée du Guyana. Les plaidoiries du Guyana ont débuté le 4 mai, tandis que le Venezuela présentera ses arguments le 6 mai.

La CIJ avait confirmé sa compétence dans cette affaire, introduite par le Guyana en 2018, après des audiences préliminaires en 2020. En fin d’année 2023, la Cour avait sommé le Venezuela de ne pas modifier la situation dans le territoire en litige, à l’approche d’un référendum sur la création d’un nouvel État vénézuélien, la « Guayana Esequiba », englobant la zone contestée. Ce rappel à l’ordre a été réitéré en mai 2025, mais Caracas a refusé de s’y conformer, organisant un vote pour désigner des représentants de l’Essequibo.

Source : RFI

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