Carnet de bureau. La santé mentale a été une nouvelle fois choisie par le gouvernement comme grande cause nationale pour 2026, et la souffrance psychique au travail fait actuellement l’objet d’une mission d’information au Sénat. Il y a urgence : la courbe des accidents du travail et des maladies professionnelles en lien avec des affections psychiques continue de grimper.
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Santé mentale, « risques psychosociaux »… De quoi parle-t-on exactement ? L’observatoire européen des risques professionnels Eurogip a publié, le 24 mars, un rapport qui analyse la manière dont douze pays abordent la question des risques psychosociaux au travail et encouragent la prévention.
En matière de législation et d’obligation des employeurs, la France est l’un des premiers pays, au cours des années 2000, à avoir considéré que l’employeur devait prendre des mesures pour assurer la santé physique et mentale de ses salariés. « La santé mentale, c’est un peu le sujet du XXIe siècle, explique Annarita Piazza, autrice du rapport. Ces quinze dernières années, notamment après le Covid-19, des pays comme le Danemark, l’Australie ou le Canada (au Québec) ont publié des textes forts sur la responsabilité de l’employeur sur le plan psychique. »
La Belgique ou l’Australie ont même intégré dans la loi des listes de risques psychosociaux, c’est-à-dire des « risques pour la santé physique et mentale des salariés, qui dépendent de facteurs tels que la charge mentale, les conditions de travail, la sécurité de l’emploi, les relations interpersonnelles aussi », précise Mme Piazza.
Nombreuses difficultés psychologiques
Le rapport d’Eurogip met aussi en avant certaines bonnes pratiques en matière de prévention. En Suède, où l’on parle d’« environnement organisationnel et social » plutôt que de risques psychosociaux, « même en amont de l’évaluation des risques, il faut que l’employeur s’assure que tous ses manageurs aient les connaissances suffisantes sur l’environnement et les facteurs de risque tels que la charge et le temps de travail excessifs ou les actes offensants », ajoute la chercheuse. En Belgique, toutes les entreprises doivent avoir en leur sein un « conseiller en prévention aspects psychosociaux », et des « personnes de confiance » à qui l’on puisse se confier de manière formelle ou informelle.
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Santé mentale : un grand discours pour des petits résultats
Chapeau : Le gouvernement a décidé de faire de la santé mentale une grande cause nationale pour 2026, mais pendant ce temps, les accidents du travail liés à la souffrance psychique continuent de grimper. Ironie du sort ?
Ce qui se passe réellement
Le gouvernement a choisi la santé mentale comme grande cause nationale pour 2026, tout en lançant une mission d’information au Sénat sur la souffrance psychique au travail. Il y a urgence, car la courbe des accidents du travail et des maladies professionnelles liés à des affections psychiques continue de grimper. L’observatoire européen des risques professionnels Eurogip a récemment publié un rapport qui analyse comment douze pays abordent la question des risques psychosociaux au travail et encouragent la prévention.
En matière de législation, la France est l’un des premiers pays à avoir reconnu que les employeurs devaient prendre des mesures pour assurer la santé physique et mentale de leurs salariés. Annarita Piazza, autrice du rapport, souligne que la santé mentale est « le sujet du XXIe siècle ». Des pays comme le Danemark, l’Australie ou le Canada ont renforcé leur législation sur la responsabilité des employeurs en matière psychique.
La Belgique et l’Australie ont même intégré des listes de risques psychosociaux dans leur législation, définissant des risques pour la santé physique et mentale des salariés, en tenant compte de facteurs tels que la charge mentale et les conditions de travail.
Pourquoi cela dérange
Le contraste entre les belles paroles et la réalité est frappant. Alors que le gouvernement proclame la santé mentale comme une priorité, les chiffres montrent une augmentation des accidents du travail liés à des problèmes psychiques. Cela soulève des questions sur l’efficacité des mesures mises en place. Les promesses politiques semblent souvent se heurter à une réalité bien plus complexe, où les employeurs peinent à respecter leurs obligations.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette situation sont alarmantes. Les salariés, déjà sous pression, voient leur santé mentale se détériorer, ce qui peut entraîner des arrêts de travail prolongés et une baisse de productivité. En fin de compte, c’est l’ensemble de la société qui en pâtit, car la santé mentale est indissociable de la santé économique.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment le gouvernement, tout en prônant la santé mentale, semble ignorer les réalités du terrain. Les discours politiques sont souvent déconnectés des préoccupations des travailleurs. On pourrait presque croire que la santé mentale est devenue un simple slogan, un outil de communication, plutôt qu’une véritable préoccupation.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, des pays comme les États-Unis et la Russie montrent également des dérives inquiétantes en matière de santé mentale au travail. Alors que les discours politiques se veulent rassurants, la réalité est tout autre. Les travailleurs se retrouvent souvent dans des environnements toxiques, où leur bien-être est sacrifié sur l’autel de la productivité.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, il est à craindre que la santé mentale reste un sujet de débat sans véritable action concrète. Les promesses politiques risquent de rester lettre morte, laissant les travailleurs dans une situation précaire.
Sources

Visuel — Source : www.lemonde.fr




