Au moins 927 personnes sans chez-soi sont mortes en France en 2025, selon le bilan présenté le 29 octobre par le collectif Les Morts de la Rue. Le chiffre est légèrement inférieur à celui annoncé pour 2024, mais le collectif met en garde contre toute conclusion sur une baisse de la mortalité : son recensement reste incomplet et dépend des signalements recueillis.

Un décompte qui ne mesure pas toute la mortalité

Le collectif a recensé 306 personnes qui vivaient à la rue au moment de leur décès et 264 qui étaient hébergées. Pour 357 autres, il n’a pas pu déterminer quelle était leur situation principale. L’enquête, menée depuis 2012, s’appuie sur des informations transmises par des associations, des particuliers, des institutions et la presse.
Les Morts de la Rue présente ce total comme un minimum documenté, et non comme un bilan exhaustif. Le collectif souligne que les signalements de ses partenaires institutionnels — notamment le Samu social, les services intégrés d’accueil et d’orientation (SIAO), la Ville de Paris et les services de l’État — ont moins progressé en 2025. Le recul par rapport aux 938 décès annoncés pour 2024 pourrait donc refléter les limites du recensement plutôt qu’une diminution réelle du nombre de morts.
Un autre chiffre figure sur une page du collectif consacrée à l’hommage rendu en juin 2026 aux personnes mortes en 2025 : au moins 929 décès. L’écart avec les 927 recensés lors de la présentation du rapport n’y est pas expliqué. (mortsdelarue.org)
Des décès à un âge moyen de 49 ans
Les personnes recensées avaient en moyenne 49 ans au moment de leur mort, contre environ 79,5 ans dans la population générale, selon les chiffres de l’Insee cités dans le bilan. Parmi elles, 20 avaient moins de 15 ans.
Les hommes représentent la grande majorité des personnes signalées. La part des femmes atteint toutefois 14 %, contre 11 % en moyenne sur la période 2012-2024. Le collectif y voit le reflet de la féminisation croissante du sans-abrisme.
Dans deux cas sur trois, la cause du décès n’est pas connue. Lorsque les circonstances sont documentées, les morts violentes — notamment les homicides, noyades, suicides ou intoxications — sont les plus fréquentes. Elles représentent 60 % des décès recensés chez les 15-25 ans.
Un niveau record de décès liés au froid depuis 2012
Le bilan fait état de 22 décès attribués au froid, tous survenus en automne ou en hiver. C’est le nombre le plus élevé enregistré par le collectif depuis le début de son suivi, en 2012.
Le nombre de personnes sans domicile en France reste difficile à établir. La Fondation pour le Logement l’estime à environ 350 000, tandis que la dernière évaluation officielle de l’Insee, réalisée en 2012, en dénombrait 143 000. Les premiers résultats de la nouvelle enquête de l’Institut sont attendus d’ici la fin de 2026. (insee.fr)
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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