La loi impose aux chasseurs d’indemniser les dégâts causés par le gibier dans les cultures. En Normandie, plusieurs fédérations de chasse sonnent l’alarme. Les sangliers plongent leurs finances dans le rouge. « Notre système n’est plus viable ».

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Le sujet hante les responsables des fédérations de chasse. « Nous terminons l’année avec 165 000 euros de déficit. Nos voisins de la Seine-Maritime sont à – 325 000 et ceux de l’Orne à – 400 000 », calcule Jean-Christophe Aloe, le patron des chasseurs du Calvados. « C’est la première fois que nous avons un déficit alors que depuis trente ans, nous étions en excédent. »

Dans l’Orne, le président Christophe de Balorre est même alarmé : « si plusieurs années comme celle-là venaient à se succéder, ce serait la catastrophe. Notre système n’est plus viable ! »

Paradoxalement, c’est un gibier qui est en train de plumer les chasseurs. Le sanglier adore venir fouiller la terre pour trouver de quoi manger. L’animal est vorace. Il peut causer des dégâts considérables dans les champs. « Depuis 1968, nous sommes obligés d’indemniser les agriculteurs victimes des sangliers et des cervidés », rappelle Jean-Christophe Aloe, le président de la fédération des chasseurs du Calvados.

Des dégâts causés par des sangliers dans un champ de maïs

© Christian Watier / Maxppp

Pourtant, les chasseurs ne l’épargnent guère. Dans l’Orne, ils ont tué plus de 7 300 sangliers l’année dernière et « le prélèvement est en hausse de 22% ». Dans le Calvados, la fédération annonce 6 000 sangliers supprimés en 2025. Mais rien n’y fait : depuis quelques années, le sanglier prolifère.

« C’est un phénomène mondial. Les populations de sangliers augmentent en Amérique, dans le Maghreb et chez nous, à la campagne et même dans certaines villes », explique Jean-Christophe Aloe.

« C’est un animal opportuniste et intelligent qui sait s’acclimater. Dans les villes, il mange les poubelles et dans nos campagnes, il a le gîte et le couvert, poursuit le président de la fédération du Calvados. Le gîte avec des friches et des ronciers. Le couvert avec des cultures qui lui plaisent. Le maïs s’est beaucoup développé et c’est une plante très appétissante. »

Les chasseurs ont bien tenté de prévenir le danger en incitant les agriculteurs à poser des clôtures électriques autour des champs les plus exposés. « Nous encourageons aussi l’utilisation de répulsifs, les tirs de nuit dans les semis et les outils qui font du bruit », liste le président des chasseurs du Calvados. Les efforts ont payé : les surfaces labourées par les sangliers auraient ainsi reculé dans ce département.

Un exemple de clôture électrique temporaire destinée à protéger la culture des intrusions de sangliers.

© Franck Delhomme / MAXPPP

Pourtant, le budget consacré aux indemnisations est sans cesse plus important. « Tout dépend de la valeur de ce qui est détruit, la valeur du blé ou du maïs. Le pire, c’est le lin qui une fois coupé est en train de roussir et qu’il faut laisser en place. Si jamais les sangliers le retournent avec leur groin, la récolte est foutue et là, ça coûte très cher ».

Dans l’Orne, « plus de 50 % de notre budget est absorbé par le coût des dégâts de gibiers sur les cultures et la prévention », indique Christophe de Balorre dans un communiqué. « Le problème, c’est qu’on est dans l’inconnue totale, renchérit son homologue du Calvados. On ne peut pas savoir ce qu’on aura à payer l’année prochaine, on ne peut pas anticiper les surfaces qui vont être détruites ».

Souvent, c’est la météo qui donne le ton. Il suffit d’un printemps ou d’un été pluvieux avec des sols meubles et les finances seront encore dans le rouge. Dans le Calvados, la fédération a calculé qu’à ce train, les finances seront à sec dans moins de cinq ans.

Sangliers : Les Chasseurs au Bord du Gouffre Financier

En Normandie, les chasseurs se retrouvent dans une situation inédite : un déficit alarmant causé par les sangliers. La loi les oblige à indemniser les agriculteurs, mais leur système est désormais en péril.

La loi impose aux chasseurs d’indemniser les dégâts causés par le gibier dans les cultures. En Normandie, plusieurs fédérations de chasse sonnent l’alarme. Les sangliers plongent leurs finances dans le rouge. « Notre système n’est plus viable ».

Ce qui se passe réellement

Le sujet hante les responsables des fédérations de chasse. « Nous terminons l’année avec 165 000 euros de déficit. Nos voisins de la Seine-Maritime sont à – 325 000 et ceux de l’Orne à – 400 000 », calcule Jean-Christophe Aloe, le patron des chasseurs du Calvados. « C’est la première fois que nous avons un déficit alors que depuis trente ans, nous étions en excédent. »

Dans l’Orne, le président Christophe de Balorre est même alarmé : « Si plusieurs années comme celle-là venaient à se succéder, ce serait la catastrophe. Notre système n’est plus viable ! » Paradoxalement, c’est un gibier qui est en train de plumer les chasseurs. Le sanglier, cet animal vorace, cause des dégâts considérables dans les champs. « Depuis 1968, nous sommes obligés d’indemniser les agriculteurs victimes des sangliers et des cervidés », rappelle Aloe.

Pourquoi cela dérange

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 7 300 sangliers tués l’année dernière dans l’Orne, avec un prélèvement en hausse de 22%. Pourtant, la prolifération continue. Les chasseurs, malgré leurs efforts pour contenir la population, se retrouvent piégés dans un cycle infernal où chaque sanglier abattu semble en appeler d’autres.

Ce que cela implique concrètement

Le budget consacré aux indemnisations ne cesse d’augmenter. « Tout dépend de la valeur de ce qui est détruit », explique Balorre. Et quand les sangliers retournent les cultures, la facture grimpe en flèche. Dans l’Orne, plus de 50 % du budget est absorbé par les dégâts causés par le gibier. Les prévisions sont sombres : dans moins de cinq ans, les finances pourraient être à sec.

Lecture satirique

Ironie du sort, ces chasseurs, qui se présentent souvent comme les gardiens de la nature, se retrouvent à pleurer sur leur sort à cause d’un animal qu’ils ont longtemps considéré comme un simple gibier. Leurs discours sur la préservation de l’équilibre écologique semblent bien loin des réalités économiques qu’ils affrontent aujourd’hui. « C’est un animal opportuniste et intelligent », dit Aloe, comme s’il parlait d’un politicien plutôt que d’un sanglier.

Effet miroir international

Si l’on regarde au-delà des frontières, on pourrait faire un parallèle avec des politiques autoritaires qui, elles aussi, se retrouvent piégées par leurs propres décisions. Des gouvernements qui promettent des résultats, mais se retrouvent à devoir indemniser les conséquences de leurs choix. Une danse du ventre où les promesses se heurtent à la réalité.

À quoi s’attendre

Les chasseurs devront redoubler d’efforts pour contenir la population de sangliers, mais avec un budget en berne et des prévisions météorologiques incertaines, l’avenir s’annonce sombre. La question n’est plus de savoir si le système est viable, mais plutôt combien de temps il tiendra avant de s’effondrer.

Sources

Source : france3-regions.franceinfo.fr

Les chasseurs plumés par les sangliers : l'animal laisse des centaines de milliers d'euros de facture aux fédérations
Visuel — Source : france3-regions.franceinfo.fr
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