Saad Lamjarred : la justice marocaine alourdit son châtiment, la musique en sourdine.
Le fait principal
Le chanteur marocain Saad Lamjarred a été condamné en appel à dix ans de réclusion criminelle pour viol, une peine plus lourde que celle infligée en première instance. Cette décision a été rendue le 26 septembre et a été accueillie par des réactions mitigées, compte tenu de la notoriété de l’artiste dans le monde arabe.
Ce qui s’est passé
Saad Lamjarred, âgé de 41 ans, a été reconnu coupable d’avoir violé Laura P., une jeune femme rencontrée dans une boîte de nuit à Paris en 2016. À l’époque des faits, elle avait 20 ans. L’artiste, qui clame son innocence, a l’intention de se pourvoir en cassation, selon son avocate, Me Marie Burguburu. La cour a également inscrit Lamjarred au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, un ajout qui ne fait qu’alourdir le poids de son cas. Dans le même temps, une tentative d’extorsion à son encontre a été mise au jour, où cinq personnes ont été condamnées pour avoir tenté de lui extorquer trois millions d’euros en échange du retrait de la plainte. Une situation qui soulève des questions sur la crédibilité de la plaignante, mais qui ne semble pas avoir suffi à convaincre les jurés.
Le contexte
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de violences sexuelles croissantes et de lutte pour la justice des victimes. Lamjarred n’est pas étranger aux controverses : il a été impliqué dans plusieurs affaires similaires, notamment en 2015 au Maroc et en 2010 aux États-Unis, où une procédure pour viol a été classée après un arrangement financier. Le procès a eu lieu à huis clos, ce qui a suscité des critiques sur la transparence du système judiciaire.
Les chiffres à retenir
– Dix ans de réclusion criminelle pour Saad Lamjarred.- Six ans de prison initialement prononcés en 2023.- Trois millions d’euros réclamés lors de la tentative d’extorsion.- Plus de 15 millions d’abonnés sur Instagram pour l’artiste.
Ce que cela révèle
Cette condamnation met en lumière les tensions entre célébrité et justice, où la notoriété peut parfois sembler protéger les coupables. Les avocats de Lamjarred soulignent que le verdict repose sur la parole d’une plaignante qui aurait tenté de monnayer son témoignage, une contradiction qui interroge la capacité de la justice à traiter équitablement des affaires aussi médiatisées. Dans un pays où l’extrême droite et le populisme gagnent en visibilité, cette affaire pourrait devenir un symbole de la lutte contre l’impunité, tout en révélant les failles d’un système parfois plus prompt à condamner qu’à comprendre.
Ce qu’il faut retenir
La condamnation de Saad Lamjarred à dix ans de prison pour viol souligne les tensions entre célébrité et justice, tout en soulevant des questions sur la crédibilité des accusations. Dans un contexte où la lutte contre les violences faites aux femmes est
Source : AFP
