Ryanair : la promesse d’un double trafic aux Pays baltes, mais à quel prix pour les contribuables ?
Le fait principal
Ryanair a annoncé un plan ambitieux d’investissement de 1,6 milliard de dollars dans les pays baltes, visant à doubler son trafic en Estonie, Lettonie et Lituanie. Mais attention, cette promesse séduisante est conditionnée à une baisse des redevances aéroportuaires et à l’abolition des taxes sur l’aviation.
Ce qui s’est passé
Dans un contexte où airBaltic, le transporteur historique de la région, fait face à des difficultés financières et a demandé une protection contre ses créanciers, Ryanair semble vouloir capitaliser sur la situation. La low cost irlandaise prévoit de déployer 16 avions supplémentaires d’ici à 2031, promettant 11 millions de sièges annuels et « des milliers d’emplois » directs ou indirects. Cependant, le flou demeure sur la répartition des avions et les nouvelles lignes.
Le contexte
Ryanair justifie son offre par la nécessité d’une réduction des coûts d’accès aux aéroports, accusant les autorités estoniennes et lituaniennes d’avoir fait grimper les redevances de manière excessive. En Estonie, les redevances ont augmenté de 70% en 2025, tandis qu’à Vilnius, elles ont bondi de 30% depuis 2023. En Lettonie, malgré une légère hausse de 6% de sa capacité à Riga, Ryanair envisage de réduire de 25% sa capacité hivernale en Estonie et Lituanie, redéployant ainsi 550 000 sièges vers des marchés jugés plus compétitifs.
Les chiffres à retenir
- 1,6 milliard de dollars : investissement proposé par Ryanair dans les pays baltes.
- 16 avions : nombre d’avions supplémentaires prévus d’ici 2031.
- 11 millions de sièges annuels promis.
- 70% : augmentation des redevances aéroportuaires en Estonie.
- 30% : hausse des redevances à Vilnius.
- 25% : réduction de la capacité hivernale prévue en Estonie et Lituanie.
- 550 000 sièges : nombre de sièges supprimés pour être redéployés.
Ce que cela révèle
Ce plan d’expansion de Ryanair, sous couvert de promesses d’emplois et de croissance, ressemble davantage à une manœuvre de pression sur les gouvernements baltes qu’à un engagement solide. La stratégie habituelle de la compagnie, qui consiste à jouer sur les menaces de réduction de capacité pour négocier des baisses de taxes, est ici mise en lumière. Ryanair ne fait pas que s’attaquer à une concurrence en difficulté, elle tente de tirer profit d’une situation précaire en jouant sur les peurs économiques des États. Quant à Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair, il a récemment dû présenter des excuses pour des propos inappropriés, illustrant une communication souvent agressive et peu réfléchie. En somme, la promesse de Ryanair pourrait bien être un mirage, un coup de bluff plus qu’un véritable projet de développement.
Ce qu’il faut retenir
Ryanair propose un plan d’investissement séduisant, mais il est conditionné à des baisses de taxes et de redevances, ce qui soulève des questions sur la viabilité réelle de cette promesse. Dans un contexte économique tendu, la low cost irlandaise semble plus intéressée par la négociation de ses conditions que par un véritable engagement à long terme.
Source : Air Journal
