Risques de commotions cérébrales au rugby : analyse des données par la Fédération française de rugby
Plaquage au rugby : tout savoir sur les risques de commotions cérébrales
La pratique du rugby expose les joueurs à des contacts et des chocs répétés. Parmi les bless les plus fréquentes, certaines touchent la tête et peuvent entraîner une commotion cérébrale. Comment la reconnaître, quels sont les risques et quelle prise en charge nécessite-t-elle ?
Qu’est-ce qu’une commotion cérébrale ?
La commotion cérébrale est une lésion cérébrale consécutive à un traumatisme crânien, responsable d’une perturbation du fonctionnement du cerveau. Elle est la plus fréquente des lésions cérébrales traumatiques liées au sport. Cette lésion peut provoquer des signaux immédiats ou décalés dans le temps. Dans environ 10 % des cas, elle entraîne une perte de connaissance, ce qui indique une commotion sévère.
Il convient de noter que tout le monde n’a pas le même seuil de commotion cérébrale. Certains sportifs peuvent avoir un seuil très bas, avec des commotions survenant après des chocs modérés, les rendant plus susceptibles aux commotions multiples.
Quels sont les symptômes d’une commotion cérébrale ?
Les signes de la commotion cérébrale sont variés. Selon les médecins, ils peuvent inclure :
- Un mal de tête ;
- Des vomissements ;
- Une vision trouble ;
- Une perte d’audition ;
- Une désorientation temporo-spatiale ;
- Une confusion ;
- Des convulsions ;
- Une modification du comportement.
Un « superviseur vidéo médicale » lors de chaque match professionnel
Les signes d’une commotion cérébrale peuvent parfois être fugaces. C’est pourquoi, lors des matchs professionnels de rugby, un « superviseur vidéo médicale » (SVM) est présent. Grâce à sa tablette tactile, il a accès aux caméras du direct et peut revoir un choc sous tous les angles pour alerter le médecin de l’équipe si nécessaire. Les symptômes s’estompent généralement dans les 10 jours à un mois suivant le choc, mais une commotion sévère ou répétée peut laisser des séquelles durables.
Quelles sont les séquelles d’une commotion cérébrale ?
Les séquelles dépendent du nombre de chocs reçus et de leur sévérité. Il est essentiel de dépister une première commotion, car leur répétition peut entraîner des séquelles chroniques. À long terme, l’exposition répétée à des impacts à la tête est associée à un risque d’encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie neurodégénérative progressive pouvant entraîner des troubles cognitifs et neurocomportementaux.
Quel protocole après une commotion cérébrale au rugby ?
Pour limiter les séquelles sévères de commotion cérébrale, un « Protocole commotion » a été mis en place par les instances du rugby professionnel. Ce protocole repose sur une période de repos relatif suivie d’une reprise progressive et individualisée de l’activité. Les recommandations de World Rugby prévoient une progression par étapes avant le retour complet à l’entraînement puis à la compétition, en fonction de l’âge du joueur, de ses symptômes et de ses antécédents de commotion.
La reprise doit être validée médicalement, avec des évaluations neurologiques et cognitives pour suivre l’évolution du joueur.
Commotion cérébrale chez les jeunes : quels risques ?
La commotion cérébrale est particulièrement prise au sérieux chez les moins de 18 ans, car leur cerveau est encore immature et donc plus vulnérable. En cas de suspicion de commotion, un jeune joueur doit être immédiatement retiré du terrain et ne pas reprendre le jeu le jour même. La reprise se fait progressivement, après disparition des symptômes, selon un protocole adapté à l’âge.
La commotion cérébrale peut-elle provoquer la mort ?
Bien que la commotion cérébrale puisse laisser des séquelles graves, elle reste rarement mortelle, surtout si le protocole est respecté. Les rares cas de décès résultent généralement du « syndrome du second impact » chez les jeunes, survenant lorsqu’un joueur subit une seconde bles à la tête avant d’être complètement remis de la première.
Comment diagnostiquer une commotion cérébrale ?
Pour diagnostiquer une commotion cérébrale, un protocole d’Évaluation de Bles à la Tête (HIA) a été mis en place par World Rugby. Ce processus en trois étapes vise à contribuer à l’identification, au diagnostic et à la prise en charge des impacts à la tête.
Combien de commotions cérébrales surviennent chaque année au rugby ?
Selon une étude publiée en 2018 dans le Journal de Traumatologie du Sport, la commotion cérébrale est un événement significatif dans le rugby professionnel, avec une moyenne de 0,31 commotion par match, soit une commotion tous les trois matchs effectifs. Cependant, ces chiffres pourraient être sous-estimés en raison de commotions non détectées.
Quelle est la réglementation du plaquage au rugby ?
Les règles du rugby ont évolué pour réduire les risques de bless, notamment à la tête. Depuis le 1er juillet 2026, une hauteur de plaquage abaissée a été introduite, permettant aux fédérations de fixer la ligne de sanction à la taille ou à la base du sternum. En France, la FFR a déjà abaissé cette hauteur au niveau de la taille dans certaines compétitions amateurs.
Le port du casque, bien qu’il puisse protéger des bless de type plaies ou hématomes, n’est que peu efficace contre les commotions cérébrales, car il ne prévient pas le mouvement du crâne dans la boîte crânienne lors d’un choc violent.
Les sports les plus à risque de commotion cérébrale incluent les sports de contact et ceux à risque de chute, tels que la boxe, le hockey, le football américain et le rugby.
Source : Santé Magazine
