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Réparations de l’esclavage : une lettre ouverte adressée aux descendants d’esclavagistes
Les organisations patriotiques de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de La Réunion ont publié, le 30 avril, une lettre ouverte à l’attention des descendants d’esclavagistes, désignés sous les termes de « békés » en Martinique et de « blancs-pays » en Guadeloupe. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de leurs revendications pour des réparations morales, matérielles et financières liées à l’esclavage et à ses conséquences.
Un an après une première sommation publique restée sans réponse, les organisations ont décidé d’adresser des courriers de manière nominative à des personnalités ciblées, afin de les impliquer directement dans cette démarche.
Les signataires soulignent que les descendants d’esclavagistes ont, selon eux, profité d’une main-d’œuvre gratuite pendant plusieurs siècles et ont également reçu des indemnisations significatives lors de l’abolition de l’esclavage. Ils estiment qu’il est légitime d’exiger des réparations, affirmant que ces descendants ne sont « pas coupables, mais comptables » de cet héritage historique.
Pour Luc Reinette, cofondateur du Comité International des Peuples Noirs, cette démarche vise à susciter un dialogue concret entre les héritiers de cette histoire. Il déclare : « On ne peut pas envisager que la Guadeloupe continue ainsi, où les descendants d’esclavagistes et ceux qui ont été esclavagisés se croisent sans jamais se rencontrer. » Reinette rappelle que la situation actuelle est marquée par un contentieux ancien, notamment depuis 1849, lorsque l’État français a indemnisé les anciens propriétaires d’esclaves après l’abolition. Il estime que les inégalités économiques et sociales contemporaines trouvent en partie leur origine dans cette période.
Les organisations saluent également des initiatives individuelles, comme celle de Pierre Guillon de Princé, qui a récemment présenté des excuses pour le rôle de ses ancêtres dans la traite négrière. Cependant, Luc Reinette considère que ces gestes, bien que « salutaires », demeurent insuffisants tant que la question des réparations concrètes n’est pas abordée. Il conclut : « Reconnaître l’esclavage comme un crime contre l’humanité ne suffit pas. Il faut aller plus loin et traiter la question des réparations. »
À travers cette lettre ouverte, les organisations patriotiques expriment leur attente d’un retour des personnes concernées, dans le but d’initier un dialogue en vue d’une réconciliation, qu’elles jugent impossible sans reconnaissance et sans réparation.
Source : La1ere.fr





