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Rentrée des lycées : malgré la reprise ce lundi, la colère des élèves reste vive

La rentrée du lundi 2 novembre s’annonce incertaine dans plusieurs lycées, après deux semaines de vacances et une mobilisation qui a commencé à la fin septembre. Dans des établissements fermés ou perturbés par des blocages, des enseignants disent vouloir renouer le dialogue avec leurs élèves, tout en soutenant leurs revendications. Les organisations lycéennes appellent à poursuivre le mouvement, tandis qu’une grève intersyndicale est prévue jeudi 5 novembre.

Busy Champs-Élysées street view with Arc de Triomphe in the background, Paris, France.
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Des reprises fragilisées par les blocages

A sunny view of an ivy-covered wall with a street sign 'Passatge de les Casetes' in Barcelona, Spain.
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Dans le lycée de l’Essonne où enseigne Julia*, les élèves ont manqué trois semaines de cours. Selon la professeure, un blocage a dégénéré : une grille électrique a pris feu et la police est intervenue. L’établissement n’a ensuite pas rouvert. Des cours à distance ont également été perturbés, raconte-t-elle, par des connexions massives et des insultes sur la plateforme.

Cette enseignante dit n’avoir plus de contact pédagogique avec ses élèves depuis ces événements. Elle espère pouvoir les retrouver à partir de lundi et leur faire comprendre que les professeurs ne sont pas leurs adversaires. Elle ne s’oppose pas à la poursuite des blocages, mais souhaite que le dialogue puisse reprendre sans nouvelle violence.

À Toulouse, le lycée Stéphane-Hessel a perdu deux semaines de cours après des affrontements survenus lors de deux blocages. Pierre Priouret, professeur de mathématiques et secrétaire académique du SNES-FSU, affirme que des demandes de réouverture avaient été adressées à la direction et au rectorat dès le 30 septembre. Selon lui, la quasi-totalité des établissements de Haute-Garonne a fermé.

L’enseignant souhaite une reprise rapide, mais estime que les annonces gouvernementales ne répondent pas aux difficultés rencontrées. Il redoute que les cours ne reprennent pas normalement cette semaine et alerte sur le retard pris dans les programmes.

Des professeurs proches des revendications

La situation est différente dans le lycée de Seine-Saint-Denis où travaille Amandine*. L’établissement n’a été bloqué qu’une journée, dans le calme, et a pu rester ouvert. Professeure principale, elle dit avoir consacré une à deux heures à échanger avec sa classe. D’après elle, les élèves soutiennent les revendications et expriment de la frustration et de la colère.

Cette professeure de français estime que la mobilisation pourrait continuer sous différentes formes, comme un blocus, une manifestation silencieuse ou une grève menée depuis le domicile. Elle reproche au gouvernement de mettre l’accent sur les casseurs sans apporter, selon elle, de réponse claire aux demandes des lycéens.

Julia évoque aussi les conditions de travail dans son établissement : deux classes supplémentaires ont été créées en début d’année, représentant 70 élèves de plus, et l’effectif a augmenté de 200 élèves au total, sans renfort d’enseignants. Elle indique que le manque de salles a conduit à réduire la pause méridienne, au point que certains élèves n’auraient pas le temps de déjeuner avant de reprendre les cours.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

Les organisations lycéennes appellent à continuer la mobilisation. Jeudi 5 novembre, une grève intersyndicale est prévue. Pour les professeurs interrogés, le malaise ne se limite pas aux blocages : ils disent partager certaines revendications des élèves et s’inquiètent des conditions d’enseignement comme du retard scolaire.

La reprise du lundi 2 novembre intervient aussi après de nouvelles discussions entre des représentants lycéens et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Les représentants ont fait part de leur déception et dénoncé un manque de transparence du gouvernement. Dans ce contexte, la possibilité d’un retour normal en classe reste incertaine.

*Les prénoms ont été modifiés.


Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Apolline RIOU

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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