Les applications d’alerte utilisées en Russie et en Ukraine ont été visées par des cyberattaques signalées par les autorités des deux pays. Kiev a attribué le piratage de son service à Moscou, tandis que la Russie n’a pas désigné de responsable. Ces incidents ont été rapportés après l’expiration, dimanche 1er novembre, d’une trêve locale de six jours dans la région ukrainienne de Kherson.

De fausses alertes sur les applications

Le ministère russe des Situations d’urgence a déclaré que son application mobile avait subi une « cyberattaque massive ». Selon le ministère, les auteurs ont pu y diffuser de fausses informations. Des équipes travaillaient à corriger une vulnérabilité et à rétablir le fonctionnement normal du service.
Quelques heures plus tôt, l’armée de l’Air ukrainienne avait signalé le piratage de l’application nationale qui transmet les alertes de frappes aériennes, par région, district ou localité. Le Centre ukrainien pour les communications stratégiques, Spravdi, a accusé la Russie d’être à l’origine de l’attaque.
Pour étayer cette accusation, Spravdi a évoqué l’apparition d’alertes inhabituelles et d’un message en russe mentionnant « Orechnik », un missile russe. Des messages diffusés sur l’application faisaient aussi état de menaces chimiques et de radiations nucléaires. La Russie, de son côté, n’a pas précisé qui aurait attaqué son propre service.
Une trêve locale vient de prendre fin
Les annonces de cyberattaques interviennent au lendemain de la fin d’un cessez-le-feu de six jours à Olechky, dans la région de Kherson. Cette pause, qui a permis l’évacuation d’habitants, était la plus longue depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, en février 2022. Kiev et Moscou n’ont pas signalé de violation de l’accord, contrairement à d’autres trêves partielles, notamment lors des Pâques orthodoxes.
La ville se trouve sur la ligne de front. Ses accès sont minés et les habitants subissent depuis des mois de graves pénuries, dans une zone exposée aux drones des deux armées. Le commissaire du Parlement ukrainien aux droits de l’homme, Dmytro Lubinets, a qualifié la pause d’« étape importante » des efforts humanitaires conjoints avec la Russie.
Après la fin du cessez-le-feu, le chef de l’administration militaire de la région de Kherson, Oleksandre Prokoudine, a appelé les habitants à rester vigilants et à réagir sans délai aux alertes de frappes russes. Une heure avant l’échéance, le ministère russe de la Défense avait publié sur Telegram un message annonçant une nuit de combats.
Les frappes se poursuivent hors de la zone de trêve
La pause à Olechky n’a pas interrompu les frappes ailleurs. Selon les autorités ukrainiennes, des attaques russes menées dimanche ont tué trois personnes, dont une adolescente de 13 ans, dans les régions de Vinnytsia et de Soumy.
Les pourparlers entre Moscou et Kiev, sous médiation américaine, doivent reprendre en novembre, après avoir été de facto gelés depuis les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, fin février. Volodymyr Zelensky a par ailleurs déclaré que l’Ukraine cesserait de viser les raffineries de pétrole russes si Washington fournissait à Kiev des missiles intercepteurs Patriot.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
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