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80 ans après leur retour, hommage renouvelé aux Tamari’i volontaires
Pape’ete, 5 mai 2026 – Le 5 mai 1946, les Tamari’i volontaires rentraient chez eux à bord du Sagittaire. Quatre-vingts ans plus tard, leur histoire est mise en avant à la présidence du Pays, à Pape’ete, avec l’installation de 35 panneaux commémoratifs.
Jean-Christophe Shigetomi, historien et commissaire de l’exposition, souligne l’importance de cet emplacement : « C’était le siège de l’ancienne caserne de la compagnie d’infanterie autonome de Tahiti, d’où sont partis les Tamari’i volontaires. »
Ces soldats, au nombre de 300, ne furent pas les seuls à rejoindre la France Libre depuis Tahiti. Ils furent rejoints par une quinzaine d’aviateurs et radio-mitrailleurs, une centaine de marins et 10 parachutistes, dont les frères Colombani de Huahine. Albert Colombani, l’un d’eux, a été formé par les commandos SAS et a participé à la libération de la Bretagne en juin 1944.
Maeva Colombani, fille d’Albert, évoque l’héritage de son père et la mémoire des combats : « Faire partie de la SAS, c’était reconnaître l’ennemi et agir en amont. » Elle conserve des objets de son père, tel son béret, qu’elle considère comme un symbole de son histoire.
Une crypte mémorielle est également prévue dans un futur musée, dédiée aux combattants de 1939-1945. Éric Noble, président de l’Amicale du Bataillon du Pacifique, rappelle l’importance de la mémoire : « Un peuple qui n’a pas de mémoire, n’a pas de passé et n’a pas d’avenir. »
Cependant, le retour des soldats en 1946 n’a pas été aussi glorieux qu’espéré. Jean-Christophe Shigetomi note : « Après les cérémonies, c’est la désillusion, pas de travail. La mère patrie, on dit Mama Farani, nous a oubliés. » Cet héritage a contribué à façonner l’identité tahitienne au sein de la République, mais à quel prix ?
Le 14 juillet 2026, les troupes du Pacifique seront célébrées lors du défilé, perpétuant ainsi la mémoire des soldats polynésiens et leur espoir de ne pas revivre les erreurs du passé.
Source : la1ere.franceinfo.fr





