
Réforme du 1er-Mai : « On a toujours fait comme ça »
À Mende, la récente proposition de loi visant à autoriser l’ouverture de certains commerces et à faire travailler les employés le 1er mai 2027 suscite confusion et résistance. Les commerçants locaux, notamment boulangers et fleuristes, semblent peu préoccupés par cette législation, invoquant la « doctrine Aubry ». Cette interprétation stipule que si une activité bénéficie déjà d’une dérogation pour travailler le dimanche, elle peut également faire travailler ses salariés le 1er mai.
Cette année, les boulangers et fleuristes souhaitant ouvrir leurs établissements le 1er mai 2026 peuvent le faire, sous certaines conditions. L’inspection du travail a annoncé qu’elle serait tolérante, à condition que les employés soient volontaires et que leur rémunération soit majorée. Cette mesure, qui concerne uniquement ces deux secteurs, devrait être intégrée au Code du travail en 2027 pour assurer un cadre juridique clair.
Traditionnellement, jusqu’à cette année, les artisans pouvaient travailler sans salariés le 1er mai, excepté pour les secteurs essentiels comme l’hôtellerie ou les soins de santé. Cependant, la mise en œuvre de la nouvelle loi a créé des incertitudes parmi les commerçants. Julien Torralba-Laugier, propriétaire de la boulangerie d’Angiran, exprime son incompréhension face à cette controverse : « Je ne comprends pas d’où est née cette polémique. On a toujours fait comme ça, les salariés suivaient et ça se passait très bien. »
Céline Da Costa, fleuriste à Mende, partage son expérience, déclarant qu’elle a toujours travaillé le 1er mai depuis 27 ans. Pour elle, cette journée est cruciale pour son chiffre d’affaires. Elle regrette que la récente attention portée par le gouvernement ait poussé certains boulangers à fermer, ce qui a entraîné une perte de clients.
Un boulanger témoigne également des difficultés rencontrées, précisant qu’il a décidé de prendre congé cette année après avoir travaillé tous les 1er mai depuis ses seize ans. Il souligne que si tous les commerces fermaient, cela pourrait inciter à un changement.
La réforme du 1er mai, en visant à encadrer le travail des employés, pourrait avoir des conséquences directes sur l’activité commerciale et la perception de cette journée par les commerçants et leurs clients.
Source : Midi Libre






