
Ouverture du Corps Électoral aux Natifs : Une Décision Controversée
Dans la nuit du 20 au 21 mai, le Parlement français a validé, à une large majorité de 386 voix contre 127, une proposition de loi organique visant à intégrer les natifs au corps électoral provincial. Cette décision, saluée par le Premier ministre Sébastien Lecornu comme un « petit pas absolument décisif », permettra aux 10 500 natifs non recensés en 1998 d’être inscrits d’office sur la liste électorale pour le scrutin prévu le 28 juin. Toutefois, cette avancée suscite des critiques au sein de l’échiquier politique.
Contexte de la Proposition de Loi
Georges Naturel, sénateur et auteur de la proposition, a déposé ce texte en mai 2025. Après un an d’attente et une convocation d’urgence des élections provinciales, le projet a été examiné et adopté. Naturel a qualifié cette décision de « geste de justice et de cohérence démocratique », soulignant que les natifs, bien qu’ayant participé aux trois scrutins d’autodétermination, étaient toujours exclus des élections provinciales. Il a cependant exprimé des réserves quant à l’avis futur du Conseil constitutionnel.
Réactions Politiques
Victor Tutugoro, président de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), a qualifié ce vote de « décision sage », affirmant qu’elle était en accord avec l’esprit de l’accord de Nouméa. En revanche, Nicolas Metzdorf, député des Loyalistes, a critiqué le rejet d’un amendement visant à inclure 1 500 conjoints d’électeurs, le qualifiant de « honte de la République ». Il a également annoncé que les non-indépendantistes pourraient attendre 2027 pour reprendre les négociations.
Milakulo Tukumuli, président d’Éveil océanien, a exprimé que l’inclusion des natifs sans leurs conjoints était conforme à leur position, mais a souligné que toute extension du corps électoral devait s’inscrire dans un cadre d’accord global. Sonia Backès, également des Loyalistes, a dénoncé l’exclusion des conjoints, prévenant que les responsables politiques qui ont voté contre cet amendement pourraient en subir les conséquences lors des prochaines élections.
Conclusion
Cette décision d’ouvrir le corps électoral aux natifs sans inclure les conjoints soulève des questions sur l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie et pourrait influencer les discussions à venir entre les différentes parties prenantes. Les implications de ce vote, tant sur le plan local qu’institutionnel, restent à suivre de près.
Source : LNC.nc





