Quand les ingénieurs cachent l’automatisation : le RN et son faux discours sur l’emploi.
Le fait principal
L’intelligence artificielle (IA) fait désormais partie intégrante du quotidien des ingénieurs, mais son utilisation demeure largement invisible, donnant naissance à ce qu’on appelle le « shadow IA ».
Ce qui s’est passé
Une enquête récente révèle que 73 % des ingénieurs en France utilisent l’IA dans leur travail. Parmi eux, 37 % l’appliquent principalement à la conception et 34 % à l’analyse de données. Cependant, une grande partie de ces usages se fait en dehors des outils officiels, exposant ainsi les entreprises à des risques non maîtrisés. Ce phénomène, où des employés recourent à des systèmes d’IA non homologués, soulève des questions sur la transparence et la sécurité au sein des organisations.
Le contexte
Cette utilisation croissante de l’IA s’accompagne d’une déconnexion alarmante entre la vitesse d’adoption de ces technologies et la capacité des entreprises à les encadrer. Selon une étude, 86 % des utilisateurs se sont formés seuls, et 57 % des entreprises n’ont pas encore établi de cadre spécifique pour ces pratiques. Les ingénieurs, souvent laissés à eux-mêmes, exploitent des outils d’IA pour des tâches variées, allant de la synthèse de documents à la génération de scripts, mais sans que leur hiérarchie en ait connaissance.
Les chiffres à retenir
– 73 % des ingénieurs utilisent l’IA dans leur travail.- 37 % l’utilisent principalement pour la conception.- 34 % pour l’analyse de données.- 67 % des salariés dans le secteur numérique utilisent l’IA générative, à titre professionnel et personnel.- 86 % se sont formés seuls.- 57 % des entreprises n’ont pas construit de cadre spécifique pour l’utilisation de l’IA.
Ce que cela révèle
Le shadow IA ne révèle pas seulement une volonté de contourner les règles, mais met aussi en lumière une inadéquation entre les besoins des ingénieurs et les politiques des entreprises. Les recommandations de la CNIL et de l’ANSSI, qui conseillent de ne pas transmettre d’informations sensibles à des services d’IA non sécurisés, soulignent l’urgence d’un encadrement approprié. Pendant ce temps, les entreprises semblent se complaire dans une ignorance coupable, laissant leurs employés naviguer dans un océan d’incertitudes technologiques.
Ce qu’il faut retenir
L’IA est déjà omniprésente dans le travail des ingénieurs, mais son utilisation opaque pose des questions cruciales sur la sécurité et la responsabilité. Alors que les entreprises tardent à s’adapter, les ingénieurs continuent d’avancer à tâtons, jonglant entre innovation et précaution, dans un paysage technologique en constante évolution.
Sources : 36e enquête nationale d’Ingénieurs et Scientifiques de France, étude CINOV 2025, étude ADESATT.
