Quand les associations tracent une ‘France forte’, le RN préfère le discours creux
Le fait principal
Le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, a lancé un cri d’alarme le 17 septembre 2026, à sept mois de l’élection présidentielle, sur la situation précaire des associations de solidarité et de santé en France, appelant à une solidarité « horizontale » plutôt que « verticale ».
Ce qui s’est passé
Face à des « vulnérabilités » croissantes, Goldberg a évoqué les « dépenses contraintes » qui étouffent les structures non lucratives. Les baisses de subventions, les gels de budgets et des coûts non anticipés, s’élevant à environ 600 millions d’euros, mettent en péril la pérennité de nombreuses associations. Le constat est amer : 10% des établissements sociaux et médicosociaux ont moins de six jours de trésorerie. Des structures emblématiques, comme l’Œuvre de la Croix Saint-Simon, se retrouvent en redressement judiciaire.
Le contexte
Dans un climat de transitions multiples — démocratique, économique, et environnementale — l’Uniopss se prépare à rencontrer les candidats à la présidentielle pour faire entendre ses revendications. Le manifeste de l’organisation, « Une France solidaire pour une France forte ! », appelle à reconnaître les associations comme des « piliers de la cohésion nationale ». Ce document, daté par anticipation au lendemain du second tour de l’élection, souligne la nécessité d’un financement adéquat et d’une régulation des acteurs lucratifs dans le secteur.
Les chiffres à retenir
– 600 millions d’euros : coûts supplémentaires non pris en compte par les financeurs.- 10% : pourcentage d’établissements sociaux avec moins de six jours de trésorerie.- 90 millions d’euros : enveloppe promise pour la réforme Serafin-PH, en attente d’exécution.
Ce que cela révèle
La situation est alarmante, mais les promesses des gouvernants semblent souvent flotter dans le vide. La question reste : qui répondra aux besoins des plus vulnérables ? Les discours de solidarité se heurtent à une réalité budgétaire implacable. Pendant que l’Uniopss appelle à un « sursaut », le gouvernement semble plus enclin à des annonces spectaculaires qu’à des actions concrètes. Le risque est de voir les acteurs lucratifs s’implanter là où les besoins sont les plus criants, sans jamais réellement répondre aux attentes des territoires. Une ironie cruelle dans un système qui se veut solidaire.
Ce qu’il faut retenir
Les associations de solidarité et de santé, pourtant essentielles à la cohésion sociale, sont en danger. La promesse d’une France forte repose sur la reconnaissance et le soutien financier de ces structures. À l’approche des élections, la question cruciale demeure : la solidarité sera-t-elle seulement un mot d’ordre électoral ou une véritable priorité politique ?
Source : Caroline Megglé pour Localtis, publié le 18 septembre 2026.
