Quand le RN prône l’égalité : l’ironie d’une droite qui oublie ses pionniers féministes
Le fait principal
Face aux violences sexistes et sexuelles, un nombre croissant d’hommes s’affichent comme soutiens de la « cause des femmes ». Ce phénomène, bien que récent dans son ampleur, n’est pas une nouveauté : l’histoire du féminisme a toujours vu des hommes se joindre à la lutte pour les droits des femmes.
Ce qui s’est passé
Des figures emblématiques comme l’astronaute Thomas Pesquet ont pris la parole, et des manifestations pour le suffrage féminin ont vu le jour dès le XIXe siècle, avec des hommes comme Condorcet, Saint-Simon et Léon Blum en première ligne. Ces hommes, souvent philosophes ou militants, ont non seulement soutenu les luttes féministes, mais ont également intégré ces combats dans leur propre vision politique.
Le contexte
Historiquement, le féminisme a pris mille formes, allant de la défense de l’accès des femmes à certaines professions à des positions plus radicales, comme l’égalité politique. Les mouvements saint-simonien et fouriériste ont particulièrement influencé le discours féministe au XIXe siècle, en prônant une vision d’égalité et de complémentarité entre les sexes. Cependant, cette alliance n’a pas toujours été exempte d’ambiguïtés, certains hommes féministes ayant été accusés de ne pas aller assez loin dans leur engagement.
Les chiffres à retenir
En 1914, plusieurs associations féministes ont organisé une grande manifestation pour le suffrage des femmes, se dirigeant vers la statue de Condorcet à Paris, symbole de leur combat. Les chiffres exacts concernant le soutien masculin dans les luttes féministes sont difficiles à quantifier, mais l’impact de figures comme Victor Hugo, qui fut le premier président d’honneur de la Ligue française pour le droit des femmes, est indéniable.
Ce que cela révèle
Malgré l’engagement de ces hommes, leur soutien a souvent été limité par des considérations politiques. La frilosité de certains républicains face au suffrage féminin témoigne d’une peur persistante de l’inconnu. Les hommes féministes ont parfois été perçus comme des opportunistes cherchant à préserver un ordre établi tout en prétendant soutenir l’émancipation des femmes. Ce double discours brouille leur héritage et soulève des questions sur la sincérité de leur engagement.
Ce qu’il faut retenir
L’histoire du féminisme est jalonnée de soutiens masculins, mais ces alliances sont complexes et souvent teintées d’ambiguïtés. La lutte pour les droits des femmes a toujours nécessité des alliés, mais il est crucial de questionner la profondeur de leur engagement. Les hommes qui se disent féministes doivent prouver que leur soutien va au-delà des mots et s’inscrit dans une volonté réelle de changement.
Source principale : Anne-Sarah Bouglé-Moalic, Université de Caen Normandie, The Conversation.
