Quand le RN promet de revitaliser les centres-villes : un urbanisme à la sauce démagogique ?
Le fait principal
Le commerce de centre-ville est en crise. Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin, alerte sur une situation alarmante lors du congrès de Villes de France à Roanne : le taux de vacance des commerces augmente, tandis que les fermetures d’enseignes s’accélèrent, exacerbées par la concurrence du commerce en ligne et les impacts des crises internationales.
Ce qui s’est passé
Lors d’une table ronde, Macarez a évoqué les défis auxquels font face les commerces de proximité, citant des facteurs aggravants tels que la guerre au Moyen-Orient et la canicule. Les mes gouvernementales, comme le prolongement des soldes par le ministre du Commerce, Serge Papin, n’ont pas suffi à inverser la tendance. Les élus sont appelés à élaborer des stratégies locales de revitalisation, mais ces efforts se heurtent à des préalables que les maires ne peuvent pas contrôler, notamment la concurrence déloyale et l’économie souterraine.
Le contexte
La crise du commerce de centre-ville n’est pas nouvelle, mais elle s’intensifie. Avec l’essor du commerce en ligne et des pratiques telles que la seconde main, les commerces physiques souffrent d’une fréquentation en chute libre. Macarez souligne que les maires doivent se concentrer sur la réduction de la zone de chalandise et la reconfiguration des rues commerçantes. Cependant, la déconnexion entre les loyers demandés et la réalité du marché complique encore la situation, rendant difficile l’implantation de nouveaux commerces.
Les chiffres à retenir
– Taux de vacance en hausse dans les centres-villes.- Prolongation des soldes jusqu’au 28 juillet pour compenser la baisse de fréquentation.- La loi de finances pour 2026 permet aux maires de cibler des zones précises pour la taxe sur les friches commerciales.
Ce que cela révèle
La situation des commerces de proximité met en lumière une vérité amère : « C’est la ville qui fait le commerce et pas l’inverse ». Les discours des élus, qui cherchent à valoriser la revitalisation des centres-villes, se heurtent à la réalité des loyers exorbitants et à l’absence de clients. Pendant ce temps, le RN et l’extrême droite, qui prétendent défendre le commerce local, semblent étrangement silencieux face à ces défis. Leur rhétorique sur la protection des petites entreprises sonne creux lorsqu’on observe la crise actuelle.
Ce qu’il faut retenir
Les centres-villes sont à un tournant critique. Les élus doivent agir rapidement pour revitaliser le commerce local, mais cela nécessite une prise de conscience des véritables enjeux. La lutte contre la concurrence déloyale et la régulation des loyers sont essentielles pour sauver ces espaces de vie. Sinon, les promesses de revitalisation ne resteront que des mots vides, tandis que les commerces de proximité continueront de disparaître.
Source : Michel Tendil, Localtis, publié le 7 juillet 2026.
