Pour certains, la cuillère n’est pas réservée aux desserts : elle accompagne aussi les plats en sauce, les pâtes et les repas mêlant plusieurs ingrédients. Les personnes interrogées par Le HuffPost évoquent des raisons pratiques, mais aussi des sensibilités au bruit ou un sentiment de gêne face aux attentes sociales autour des couverts.

Un choix pratique, surtout pour les plats mélangés

Bruno, 62 ans, préfère la cuillère lorsqu’il mange un plat en sauce. Il explique qu’elle lui permet de ne rien laisser dans son assiette et lui évite de saucer avec du pain. Au restaurant, il en demande une en plaisantant sur son côté « un peu enfantin » ; dans sa famille, son habitude est désormais connue.
Julie, 44 ans, choisit elle aussi certains plats en pensant à la cuillère : un dahl, du riz accompagné de petits ingrédients ou des coquillettes. Elle a même un ustensile favori, une petite cuillère à confiture munie d’un long manche. Pour elle, cette préférence relève aussi du contexte : elle se sent plus libre de manger ainsi lorsqu’elle est à l’aise avec les personnes présentes.
Loup, dont l’alimentation est principalement végétarienne, dit recourir rarement à la fourchette. La cuillère lui permet de réunir plusieurs éléments dans une même bouchée, alors que de petits morceaux peuvent rester sur l’assiette. Alice, 36 ans, partage ce constat pour les plats composés de nombreux petits ingrédients : elle trouve la cuillère plus pratique et estime qu’elle limite les aliments qui tombent.
Une question de confort sensoriel
Pour Alice, l’usage de la cuillère est également lié à son trouble de l’attention sans hyperactivité. Elle explique que cet ustensile l’aide à rester concentrée sur la conversation, sans avoir à surveiller constamment ce qu’elle transporte sur sa fourchette.
Loup, qui vit avec un TDAH, évoque une autre difficulté : le bruit de la fourchette contre l’assiette, qu’il dit ne pas supporter. Il rapporte que son entourage ne mesure pas toujours l’inconfort que cela provoque chez lui. Ce décalage peut créer des tensions, selon son témoignage.
Le sujet peut aussi concerner des personnes autistes ou vivant avec d’autres formes de neuroatypie. Le HuffPost mentionne une étude britannique publiée en début d’année, qui souligne le rôle des couverts dans l’expérience du repas chez des personnes autistes souffrant de troubles du comportement alimentaire. Les témoignages recueillis illustrent des préférences individuelles ; ils ne permettent pas de généraliser à toutes les personnes neuroatypiques.
Une préférence parfois difficile à assumer
Bien qu’elle soit souvent motivée par le confort, cette habitude peut être perçue comme inhabituelle. Alice raconte qu’elle choisit parfois les mêmes ustensiles que les autres convives, même si cela la met moins à l’aise. Elle décrit cet effort comme une manière de s’intégrer et dit avoir été gênée lorsqu’un repas a donné lieu à une discussion sur le sujet.
Julie parle elle aussi d’une préférence intime. Dans certaines invitations, elle reprend les couverts utilisés par les autres ; dans un cadre où elle se sent en confiance, elle s’autorise davantage à manger à la petite cuillère. Elle conteste toutefois l’idée que ce geste serait nécessairement enfantin : sa fille de 9 ans, remarque-t-elle, n’en est pas adepte.
Les témoignages ne dessinent donc pas une règle commune, mais des usages liés aux plats, au confort et aux circonstances. Pour ces personnes, la cuillère peut être un choix simple à table, même si elles ne se sentent pas toujours libres de l’assumer en société.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Clément Giuliano







