
Pour que la mémoire de l’esclavage entre en classe, il a fallu du temps
Au collège Camille-Claudel, situé à Latresne près de Bordeaux, l’enseignement de l’histoire de l’esclavage prend une nouvelle dimension. Caroline, enseignante de 47 ans, prépare ses cours dans un préfabriqué, un espace modeste, mais chargé de sens. Sur l’un des murs, une affiche du concours national « La Flamme de l’égalité » attire l’attention. Cette initiative vise à sensibiliser les élèves à l’histoire et à la mémoire de l’esclavage, un sujet souvent négligé dans les programmes scolaires.
Caroline souligne l’importance de ne pas établir de comparaison directe entre les conditions de vie des esclaves et celles des élèves d’aujourd’hui. Néanmoins, elle cherche à interroger le lien historique entre ces deux époques avec ses élèves de quatrième. Ce travail, selon elle, est essentiel pour comprendre les ramifications de l’esclavage dans le monde contemporain.
Le contexte éducatif français a évolué ces dernières années, intégrant davantage de réflexions sur les questions de mémoire et d’identité. Toutefois, l’enseignement de l’esclavage reste encore un sujet délicat. Selon une étude de l’INSEE, en 2022, seulement 40 % des enseignants affirmaient aborder ce thème dans leurs classes, révélant ainsi une lacune significative dans la transmission de cette mémoire.
Cette situation met en lumière la nécessité d’une sensibilisation accrue et d’une formation adaptée pour les enseignants, afin de mieux transmettre cette partie de l’histoire. Caroline, par son engagement, contribue à cette prise de conscience et à l’intégration de la mémoire de l’esclavage dans le cursus scolaire.
Source : INSEE.






