Pour fidéliser leurs adhérents, les salles de sport développent des espaces d’entraînement hybride
Les salles de sport misent sur l’entraînement hybride pour renouveler leur offre et retenir leurs adhérents. Porté par l’essor de l’Hyrox, ce format associe course à pied et exercices de fitness, et répond à une demande qui dépasse la seule recherche de performance esthétique. Basic-Fit et Fitness Park développent des espaces adaptés à ces pratiques, tout en y voyant un moyen d’attirer de nouveaux profils.
L’Hyrox, un format standardisé qui séduit
Créée en Allemagne en 2017, l’Hyrox combine huit kilomètres de course et huit ateliers de fitness. Les participants courent un kilomètre avant chaque station, où ils enchaînent notamment rameur, poussée ou traction de traîneau, burpees avec saut en longueur, fentes lestées et lancer de ballons contre une cible. La compétition se déroule en intérieur et conserve le même format d’une ville à l’autre.
Ce modèle reproductible gagne des adeptes et inspire d’autres épreuves, comme l’ATHX, le Deka Fit ou le Deadly Dozen. Ces compétitions donnent aux pratiquants l’occasion de mettre à l’épreuve, hors des machines classiques, leur endurance et leur force. La notion d’« athlète hybride » résume cette recherche de capacités physiques variées.
Pour les salles, cet engouement intervient dans un contexte où fidéliser les membres reste un défi. Le sociologue et économiste Guillaume Vallet, auteur de La Fabrique du Muscle, estime qu’environ un adhérent sur deux ne renouvelle pas son abonnement d’une année sur l’autre, selon les salles. Il observe aussi que certains pratiquants cherchent de nouvelles formes d’entraînement lorsque la musculation se banalise.
Des espaces d’entraînement diversifiés
Pour répondre à cette évolution, plusieurs enseignes aménagent des zones distinctes des espaces consacrés à la musculation ou au cardio. Basic-Fit les présente comme des espaces d’« hybrid training », avec des équipements tels que des skiergs, des sacs lestés et des petits poids. Son porte-parole, Fabien Rouget, indique que la demande progresse et que l’enseigne prévoit d’équiper ses 900 clubs avec ce concept.
Chez Fitness Park, ces espaces s’inscrivent dans la continuité des zones de cross-training développées à l’époque où le CrossFit dominait les tendances, explique Florent Williamson, responsable concept France International Fitness Park. L’enseigne dit avoir accompagné les premiers événements Hyrox en France. Selon lui, 180 de ses 320 salles françaises sont affiliées à la compétition.
Les deux groupes présentent ces installations comme un moyen d’aider leurs membres à préparer des objectifs sportifs. Fitness Park y voit aussi une façon d’élargir son public : si son cœur de cible se situe entre 20 et 25 ans, l’enseigne observe également l’intérêt de personnes de 30 à 40 ans. Williamson souligne toutefois que les inscriptions aux courses représentent un coût, qu’il évalue entre 120 et 130 euros la place.
Le muscle, entre performance et reconnaissance
La transformation ne concerne pas seulement l’aménagement des clubs. Guillaume Vallet décrit une évolution de la pratique : le muscle est recherché non seulement pour son apparence, mais aussi pour son endurance et sa capacité à être mobilisé. Il analyse ces disciplines comme une manière de se préparer physiquement aux vulnérabilités et de se distinguer par l’activité pratiquée.
Cette reconnaissance peut venir des résultats, mais aussi des échanges dans les salles ou de la visibilité sur les réseaux sociaux, selon le sociologue. Les enseignes, elles, envisagent d’élargir encore leurs services. Fitness Park travaille notamment sur des « Recovery zones », où pourraient être proposés cryothérapie et hydromassage. La récupération et le bien-être s’ajouteraient ainsi aux espaces consacrés à la préparation physique.
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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