Pollution d’une usine d’engrais en Charente-Maritime rend des maisons inhabitable, des décès liés au cancer.
Pollution des sols en Charente-Maritime : des habitants inquiets face aux risques sanitaires
En Charente-Maritime, des riverains d’une usine d’engrais ont récemment découvert que les sols de leurs jardins étaient contaminés par des métaux lourds tels que le plomb, le cadmium et l’arsenic, à des niveaux jugés « présentant des risques sanitaires » par la préfecture.
À Tonnay-Charente, des habitants, dont certains suspectaient cette pollution depuis près de 20 ans, craignent désormais une expropriation. Depuis 2019, les services de l’État demandent à Timac Agro, filiale du groupe Roullier, les résultats d’une étude sur l’état des milieux (IEM) pour évaluer les impacts sanitaires de son activité. Les résultats de ces analyses de sol, communiqués progressivement, révèlent que près de la moitié des 92 parcelles analysées dans le lotissement de la cité de la Coudre présentent un « état des sols incompatible avec les usages résidentiels et l’autoproduction alimentaire ».
Les résidents sont désormais incités à éviter la consommation de légumes cultivés dans leurs jardins, à laver les jouets utilisés à l’extérieur et à se déchausser dans leurs maisons. Gérard Garder, administrateur du Collectif de défense de Tonnay-Charente, déclare que « quarante maisons sont tout bonnement inhabitables ». Bruno Chauvineau, 65 ans, coprésident du collectif, exprime son désespoir face à la situation, indiquant que « nos terrains ne valent plus rien ».
Dans un arrêté daté de fin juillet, le préfet a demandé à Timac Agro de soumettre, dans un délai de six mois, un plan de gestion pour définir les mes de nettoyage et de restauration des sols. La société a deux mois pour faire appel.
Pour Gérard Garder, cet arrêté représente une avancée, identifiant Timac Agro comme responsable de la pollution des sols. Il souligne que les nuisances accumulées par les riverains, telles que les fumées et les odeurs, ont des conséquences sur la santé, avec des cas de cancers rapportés parmi les habitants. Il s’interroge également sur l’impact potentiel sur la santé des enfants ayant grandi sur ces terrains.
Ce site industriel, établi en 1915, a connu diverses activités, notamment la fabrication d’engrais. Timac Agro a acquis une partie du site en 1979, mais a cessé ses activités en mars 2023.
Contactée, l’entreprise a affirmé avoir « pris acte de l’arrêté préfectoral » et examine les suites à donner. Cependant, elle a déjà été reconnue coupable de dépassements des valeurs limites d’émission d’ammoniac entre 2018 et 2021.
Cette situation soulève des questions sur la responsabilité des entreprises et la protection des riverains face aux risques environnementaux.
Source : AFP
