Police et jeunes : Marine Le Pen accuse Mélenchon et LFI de sortir du cadre républicain
En appelant ses militants à s’interposer entre les jeunes et la police, en parlant de « sauvagerie policière », en déclarant que la violence peut être légitime, Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise se placent hors du cadre républicain. De tels propos devraient scandaliser l’ensemble de la classe politique et médiatique. Ils sont inacceptables et tous ceux qui se déclarent républicains devraient les condamner sans réserve et sans aucune ambiguïté.
Marine Le Pen accuse Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise de sortir du « cadre républicain » dans leur soutien aux lycéens mobilisés. Sa charge, publiée le 29 septembre 2026, vise des propos bien réels. Mais elle rassemble sous un même nom des déclarations tenues par deux responsables différents — et laisse de côté une enquête ouverte sur une intervention policière.
Le fait principal
La dirigeante du Rassemblement national demande une condamnation sans réserve des propos tenus par des responsables insoumis autour des blocages de lycées. Le RN développe la même critique dans une pétition publiée sur son site. L’expression « hors du cadre républicain » est toutefois un jugement politique de Marine Le Pen, pas une qualification établie par une décision de justice. ()
Ce qui s’est passé
Le 28 septembre, Jean-Luc Mélenchon appelle les élus et militants insoumis à s’interposer entre les lycéens et les forces de l’ordre lors d’interventions sur des blocages. Il accuse le gouvernement d’avoir choisi la répression. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lui répond en dénonçant des violences aux abords des établissements et une escalade qu’il juge irresponsable. Ces positions et leur chronologie ont été rapportées par LCP. ()
Le 29 septembre, Mélenchon emploie l’expression « sauvagerie policière ». La formule selon laquelle la violence peut être légitime vient, elle, de Bally Bagayoko, maire insoumis de Saint-Denis, qui ajoute qu’il vaut mieux l’éviter. Ce détail ne rend pas ses mots anodins. Il évite simplement de les attribuer à Mélenchon. ()
Le contexte
Les blocages portent notamment sur le manque de personnels et les conditions d’étude, selon les revendications lycéennes rapportées par LCP. Des violences et des dégradations sont aussi signalées autour d’établissements. Réduire le mouvement à ces débordements efface ses revendications ; ignorer les débordements ne les fait pas disparaître. ()
La question de l’usage de la force ne peut pas davantage être balayée. Le 28 septembre, à Saint-Ouen-l’Aumône, un lycéen a été blessé au visage par un tir de lance-grenades policier. Selon les informations recueillies par Le Monde auprès du procureur, deux enquêtes ont été ouvertes : l’une sur le tir, l’autre sur un coup porté par le jeune à un policier. Leur ouverture ne préjuge de la responsabilité de personne. ()
Ce que montrent les faits
Marine Le Pen dénonce un discours qui, à ses yeux, encourage la confrontation avec la police. Mélenchon présente son appel comme une protection des élèves. Entre ces deux récits, une règle demeure : l’article R. 434-18 du code de la sécurité intérieure impose aux policiers et aux gendarmes un usage de la force nécessaire et proportionné. Les violences contre les personnes ne sont pas excusées par une revendication ; une intervention policière n’est pas dispensée d’examen parce qu’elle répond à un blocage. ()
Ce qu’il faut retenir
La polémique repose sur trois éléments distincts : un appel de Mélenchon à s’interposer, sa dénonciation de la police et une phrase de Bagayoko sur la violence. Les fusionner sert la bataille politique. Les distinguer permet de poser les questions utiles : que s’est-il passé devant les lycées, quelles violences ont été commises et comment les forces de l’ordre sont-elles intervenues ?
Source : Marine Le Pen
