
Plus de 62 000 morts en un été : un nouveau rapport sur le climat en Europe tire la sonnette d’alarme
Le rapport annuel du Lancet Countdown Europe sur la santé et le climat, publié mercredi, révèle que les vagues de chaleur extrêmes ont causé 62 775 décès en 2024 à travers le continent. Cette situation alarmante souligne que presque toutes les régions européennes sont touchées par une augmentation significative des décès liés à la chaleur.
Les auteurs du rapport notent que le continent européen se réchauffe plus rapidement que toute autre région du monde. Ils signalent une augmentation de 318 % du nombre quotidien d’alertes sanitaires liées à la chaleur extrême entre 2015 et 2024, par rapport à la période 1991-2000. De plus, le nombre annuel moyen d’heures durant lesquelles l’exposition à la chaleur rendait dangereuse toute activité physique légère ou modérée a crû de 88 % durant la même période.
Le rapport met également en lumière l’importance des investissements dans les énergies renouvelables. En 2024, ces investissements ont atteint 427 milliards d’euros, en hausse de 86 % par rapport à 2015. En revanche, les investissements dans les combustibles fossiles ont diminué, passant de 112 milliards d’euros en 2015 à 76 milliards d’euros en 2024, soit une baisse de 32 %. Malgré ces progrès, la dépendance aux hydrocarbures demeure préoccupante.
L’Espagne en première ligne
L’Espagne se trouve particulièrement exposée aux effets du changement climatique. Les provinces de Ciudad Real et Cuenca ont enregistré la plus forte augmentation de la mortalité liée à la chaleur, contrairement à d’autres régions comme les Asturies. La région de Tarragone a également vu une hausse des jours de canicule, surtout chez les nourrissons de moins d’un an et les personnes âgées de plus de 65 ans.
La hausse des températures engendre des risques multiples pour la santé, y compris des impacts indirects sur la qualité de l’air et une augmentation des incendies de forêt, qui sont responsables de pics de particules fines et d’une augmentation des maladies respiratoires et cardiovasculaires. La situation en Espagne est donc particulièrement préoccupante.
De plus, le rapport souligne que l’environnement devient de plus en plus propice aux maladies vectorielles, comme le virus du Nil occidental et la dengue, qui se propagent à de nouvelles régions. Le potentiel annuel de transmission du virus de la dengue a ainsi augmenté de 297 % en Europe entre 2015 et 2024 par rapport à la période 1980-2010.
En conclusion, le rapport du Lancet Countdown Europe appelle à une action urgente pour faire face à la crise climatique et à ses conséquences sur la santé publique.
Source : Lancet Countdown Europe





