
Parce que je le vaux bien : le combat d’une femme derrière le slogan de L’Oréal
New York, début des années 1970. L’agence de publicité McCann Erickson travaille sur le lancement de la nouvelle coloration longue durée Préférence de L’Oréal Paris, vendue à 2,75 dollars, soit le double du prix des produits concurrents. L’objectif est clair : justifier ce surcoût. Les équipes, majoritairement masculines, se réunissent autour de la table pour un brainstorming dans une ambiance évoquant la série « Mad Men ».
Ilon Specht, l’une des rares femmes dans ce milieu, se souvient : « Les hommes flirtaient avec les femmes en leur disant qu’elles ressemblaient plus à des mannequins qu’à des publicitaires. Ils nous critiquaient tout le temps et s’attribuaient nos idées. » Cette dynamique met en lumière les inégalités de genre qui prévalaient dans le secteur de la publicité à cette époque.
Le slogan « Parce que je le vaux bien » a été lancé dans ce contexte. Il a rapidement été perçu comme un symbole d’émancipation pour les femmes, leur permettant de revendiquer leur valeur et leur indépendance. Ce message, qui était révolutionnaire dans les années 1970, reste pertinent aujourd’hui.
L’impact de cette campagne a été significatif, contribuant à redéfinir les normes de beauté et à renforcer l’idée que les femmes ont le droit de se sentir belles et valorisées. Ce changement de perception a ouvert la voie à d’autres marques pour adopter des messages similaires, influençant ainsi l’industrie de la beauté dans son ensemble.
Source : Gwendal Le Bec pour « Le Nouvel Obs ».




