Palestine : Quand l’indifférence des puissances fait le jeu des extrêmes, même en Europe !
Le fait principal
La Cour internationale de justice (CIJ) a entamé des audiences cruciales du 7 au 10 septembre 2026, où l’avenir de la procédure engagée par le Nicaragua contre l’Allemagne est en jeu. La question centrale : l’Allemagne peut-elle être tenue responsable de son soutien militaire à Israël en pleine crise humanitaire à Gaza ?
Ce qui s’est passé
Le 1er mars 2024, le Nicaragua a porté plainte contre Berlin, l’accusant de négligence dans ses obligations internationales en continuant à exporter des armes vers Israël tout en suspendant son financement à l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Le Nicaragua invoque la Convention de 1948 sur le génocide et d’autres normes de droit international, demandant à la Cour de juger l’Allemagne sur ses actions et inactions.
Berlin, pour sa part, conteste la compétence de la CIJ, arguant qu’Israël, l’État accusé d’être complice, n’est pas présent dans la procédure. Une belle manière de se dédouaner, n’est-ce pas ?
Le contexte
La situation à Gaza est désastreuse, avec des accusations de génocide qui pèsent lourdement. La CIJ a déjà reconnu, dans une ordonnance de janvier 2024, le risque plausible de génocide à Gaza. Cela a mis la pression sur les pays tiers, comme l’Allemagne, qui continuent à alimenter le conflit par leurs exportations militaires. En cinq mois de 2026, l’Allemagne a autorisé près de 800 millions d’euros d’exportations militaires vers Israël, dont 508,8 millions d’euros en armes de guerre.
Les chiffres à retenir
- 800 millions d’euros d’exportations militaires allemandes vers Israël entre janvier et mai 2026.
- 508,8 millions d’euros d’armements classés comme « armes de guerre ».
- Plus de 1,5 milliard d’euros d’autorisations d’exportations depuis le 7 octobre 2023.
Ce que cela révèle
Les débats à La Haye font écho à des contradictions dérangeantes. Alors que l’Allemagne se drape dans le manteau de la légalité, son soutien inconditionnel à Israël soulève des questions éthiques, voire morales. Le Nicaragua, en plaidant pour la prévention du génocide, met en lumière l’inaction des États européens face à des violations graves du droit humanitaire.
Parallèlement, l’initiative de onze pays européens, y compris la France et le Royaume-Uni, visant à sanctionner les produits issus des colonies israéliennes, semble plus symbolique que concrète. Entre déclarations politiques et intentions gouvernementales, la réalité des échanges commerciaux reste inchangée.
Ce qu’il faut retenir
Alors que la CIJ examine la responsabilité des États dans le génocide, la question demeure : les États doivent-ils se contenter d’observer, ou doivent-ils agir pour prévenir le pire ? La réponse semble évidente, mais les actes parlent souvent plus fort que les mots.
Source : Orient XXI
