
Une épidémie de VIH frappe des enfants au Pakistan : la réutilisation de seringues en cause
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Au Pakistan, une épidémie de VIH touche gravement les enfants, mettant en lumière des défaillances alarmantes dans le système de santé. À Taunsa, 331 mineurs ont été testés positifs après leur passage dans un hôpital public. Une enquête de la BBC a révélé des pratiques dangereuses, notamment la réutilisation de seringues, suggérant une contamination d’origine médicale.
Une contamination massive dans un seul établissement
Entre novembre 2024 et octobre 2025, 331 enfants de Taunsa ont été diagnostiqués positifs au VIH, presque tous ayant été soignés au même hôpital, le THQ Taunsa. L’alerte a été donnée fin 2024 par le médecin privé Gul Qaisrani, qui a noté que dans un groupe de 97 enfants infectés, seules 4 mères étaient séropositives. Les autorités ont alors considéré qu’une transmission mère-enfant ne pouvait pas expliquer cette épidémie et ont privilégié la piste d’aiguilles contaminées, impliquées dans plus de la moitié des cas.
Des pratiques à risque révélées en caméra cachée
L’enquête de la BBC, diffusée en avril 2026, s’appuie sur 32 heures de caméra cachée. Les images montrent des cas de seringues réutilisées sur des flacons multidoses, administrées à d’autres enfants. De plus, 66 injections ont été réalisées sans gants stériles, y compris par des médecins. Le microbiologiste Altaf Ahmed a averti que même avec une aiguille neuve, le corps de la seringue peut contenir le virus, rendant le réemploi dangereux.
Une crise sanitaire qui dépasse Taunsa
Cette épidémie n’est pas un cas isolé. Selon l’OMS et l’ONUSIDA, d’autres villes comme Mirpur Khas, Jacobabad et Larkana ont également connu des foyers épidémiques. Les enfants représentent plus de 80 % des cas détectés. Au niveau national, les nouvelles infections au VIH au Pakistan ont augmenté de 200 % en quinze ans, passant de 16 000 cas en 2010 à 48 000 en 2024. Environ 350 000 personnes vivent aujourd’hui avec le virus.
Un système de santé sous pression
Cette crise met en lumière les failles du système hospitalier pakistanais, confronté à une pénurie chronique de matériel et à un recours massif aux injections. Elle souligne également que les règles d’asepsie ne sont pas toujours respectées, entraînant des conséquences dramatiques pour les patients les plus vulnérables.
Sources :
- Sciences & Vie, article paru le 28 avril 2026.
- BBC, article paru le 14 avril 2026.
- Communiqué de presse de l’OMS, paru le 1er décembre 2025.





