Pakistan : des bombes sur Kandahar, la paix rêvée s’éloigne, mais pas pour les extrêmes.
Le fait principal
(Kaboul) Le Pakistan a frappé jeudi plusieurs provinces d’Afghanistan, dont Kandahar, tuant quatre civils, selon le gouvernement afghan qui a promis de répondre à cette « agression ».
Ce qui s’est passé
À Kandahar, la deuxième ville du pays où réside le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, des témoins ont rapporté avoir entendu un avion à réaction suivi d’une forte explosion. Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a dénoncé ces frappes, affirmant que le régime militaire pakistanais avait une nouvelle fois commis une « agression ». Islamabad, de son côté, a justifié ses actions en affirmant avoir mené des frappes « précises et proportionnées » en réponse à l’incursion de 23 drones afghans qui auraient violé sa souveraineté.
Le contexte
Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan se sont détériorées depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. Les deux pays sont en désaccord sur la « ligne Durand », une frontière historique que le Pakistan considère comme officielle, tandis que l’Afghanistan la rejette. Ce climat de tension a été exacerbé par des accusations mutuelles : Islamabad accuse Kaboul d’abriter des combattants du Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), tandis que les autorités afghanes démentent ces allégations.
Les affrontements récents ont déjà fait des dizaines de morts, notamment lors de frappes pakistanaises sur Kaboul en octobre 2025. Malgré des médiations, le conflit n’a jamais cessé. En juin dernier, des frappes pakistanaises avaient causé la mort d’une trentaine de personnes dans l’est de l’Afghanistan.
Les chiffres à retenir
- 499 civils tués et 1216 blessés entre octobre 2025 et fin juin 2026, selon la Mission des Nations unies en Afghanistan.
- Au moins 31 morts lors d’une attaque contre un quartier général de police au Pakistan, revendiquée par le TTP.
- Trois civils tués dans un bombardement en province de Kunar, selon l’ONU.
Ce que cela révèle
Ces frappes illustrent l’escalade continue d’un conflit qui semble se nourrir de tensions historiques et de rivalités politiques. Les promesses de paix et de dialogue sont rapidement balayées par des actes de violence, laissant les civils, une fois de plus, au cœur d’une lutte de pouvoir. Pendant ce temps, le Pakistan, qui se veut le garant de sa sécurité, semble jouer une partie de poker risquée, mettant en péril non seulement sa propre stabilité, mais aussi celle de sa voisine.
Ce qu’il faut retenir
Le cycle de violence entre le Pakistan et l’Afghanistan se poursuit, avec des conséquences tragiques pour les civils. Alors que les gouvernements s’accusent mutuellement, la réalité sur le terrain reste sombre et préoccupante. Les promesses de sécurité et de paix se heurtent à un mur d’explosions et de pertes humaines.
Sources : Agence France-Presse, ONU.
