Nutri-Score : 2,5 milliards pour l’alimentaire, mais le RN préfère l’ignorance nutritive !
Le fait principal
Le Nutri-Score, ce label nutritionnel qui promet de guider les consommateurs vers des choix alimentaires plus sains, pourrait coûter 2,5 milliards d’euros au secteur alimentaire français. Une analyse du marché mondial du test, inspection et certification (TIC) alimentaires met en lumière les implications économiques de cette initiative.
Ce qui s’est passé
Depuis l’adoption du Nutri-Score par des enseignes comme Carrefour, Monoprix et Leclerc en 2017, un fossé s’est creusé entre les entreprises qui embrassent la transparence et celles qui préfèrent l’opacité. En 2026, 78% des Français connaissent le Nutri-Score, un bond par rapport aux 25% en 2018. Cette notoriété a permis aux pionniers de bénéficier d’une hausse de 12% de la fréquentation de leurs rayons alimentaires, contre une misérable augmentation de 4% pour les réfractaires.
Le contexte
Mais qu’en est-il des entreprises qui refusent de se plier à cette norme ? Elles craignent de perdre leur compétitivité, mais les données montrent qu’elles subissent déjà une perte de 7% de parts de marché dans les catégories où l’étiquetage est majoritaire. Ainsi, l’absence de Nutri-Score devient un signal négatif pour les consommateurs de plus en plus avertis.
Les chiffres à retenir
- 2,5 milliards d’euros : coût estimé pour le secteur alimentaire français.
- 78% : pourcentage des Français connaissant le Nutri-Score en 2026.
- 12% : augmentation de la fréquentation des rayons pour les enseignes pionnières.
- 7% : perte de parts de marché pour les entreprises réfractaires entre 2022 et 2026.
- 1,5 milliard d’euros : investissement total nécessaire pour les PME si le Nutri-Score devient obligatoire.
Ce que cela révèle
La situation actuelle est un véritable casse-tête économique. D’un côté, les entreprises qui adoptent le Nutri-Score profitent d’une image de transparence et de santé. De l’autre, celles qui s’accrochent à l’opacité risquent de voir leur image ternie. Et que dire de ces 34% de Français qui ne comprennent toujours pas pourquoi certains produits affichent le Nutri-Score et d’autres non ? C’est un magnifique exemple d’asymétrie informationnelle, où la confusion règne.
En fin de compte, rendre le Nutri-Score obligatoire pourrait transformer le paysage du secteur. Les PME, déjà sous pression, devront investir massivement pour se conformer, tandis que les grandes entreprises, déjà engagées, renforceront leur avance. Ce statu quo volontaire n’est qu’un frein à l’évolution nécessaire pour améliorer la santé publique.
Ce qu’il faut retenir
Le Nutri-Score pourrait bien être le révélateur des failles d’un système alimentaire français en quête de transparence. Alors que certains s’accrochent à leurs pratiques douteuses, d’autres avancent vers une concurrence plus équitable. Reste à savoir si la législation suivra cette dynamique ou si le statu quo continuera à coûter cher à l’économie et à la santé des Français.
Source : Économie Matin, Fondation Jean-Jaurès.
