
Nucléaire : La France dépend-elle de l’étranger pour son uranium ?
La cheffe des députés de la France Insoumise, Mathilde Panot, a récemment déclaré sur France Inter que « le nucléaire civil dépend de l’uranium, et que nous n’avons pas d’uranium en France ». Cette affirmation soulève une question cruciale sur la dépendance de la France vis-à-vis de l’uranium étranger.
Contexte factuel
La France a cessé d’extraire de l’uranium depuis 2001, date de fermeture de sa dernière mine. Au total, près de 80 000 tonnes d’uranium ont été extraites dans le pays au cours du XXe siècle, provenant de 250 sites miniers répartis sur 26 départements. Actuellement, bien que des gisements d’uranium existent encore dans le sous-sol français, ceux-ci ne sont plus exploités, principalement en raison de la concurrence internationale et des coûts d’extraction.
Pour alimenter ses centrales nucléaires, la France consomme environ 7 000 tonnes d’uranium naturel par an, et cet uranium est entièrement importé. Les principaux pays fournisseurs sont le Kazakhstan et le Canada, avec des perspectives d’importation de Mongolie et d’Ouzbékistan.
Données ou statistiques
Les ressources mondiales d’uranium sont estimées à environ 8 millions de tonnes, ce qui représente plus de 100 ans de consommation au rythme actuel. En France, des stocks stratégiques sont disponibles, représentant environ deux ans de production électrique en uranium naturel et 341 000 tonnes d’uranium appauvri, équivalant à huit à neuf ans d’approvisionnement après enrichissement.
Conséquence directe
La dépendance de la France à l’égard de l’uranium importé a des implications stratégiques, notamment en matière de sécurité énergétique. La crise politique au Niger en 2023, qui a vu l’éviction d’Orano des mines qu’il exploitait, a mis en lumière l’importance d’une diversification des sources d’approvisionnement pour garantir la continuité de l’approvisionnement en uranium.
En conclusion, l’affirmation de Mathilde Panot est correcte : la France ne produit plus d’uranium et dépend entièrement de l’importation pour son utilisation dans le secteur nucléaire.
Source : Franceinfo


