Moody’s a maintenu vendredi 23 octobre la note de la dette française à Aa3, assortie d’une perspective négative. L’agence n’a donc pas abaissé son évaluation, malgré les tensions budgétaires et politiques. Elle lie toutefois le maintien de cette note à l’adoption d’un budget 2027 permettant de réduire le déficit et à une accalmie des tensions sociales. (presse.economie.gouv.fr)

Une note inchangée, sous conditions

Moody’s a précisé que son communiqué ne constituait pas une « action de crédit ». L’agence a néanmoins signalé les risques associés à la fragmentation politique, qui, selon elle, pourrait continuer de perturber le fonctionnement des institutions. Le maintien de la note reste ainsi associé à l’évolution des finances publiques et de la situation politique.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué la décision sur X, estimant qu’elle « déjoue les pronostics déclinistes ». Il a appelé à poursuivre les discussions parlementaires pour parvenir à l’adoption d’un budget avant la fin de l’année. Le gouvernement maintient son objectif de limiter le déficit public à 5 % du PIB.
Des prévisions plus prudentes que celles du gouvernement
Les projections de Moody’s restent moins favorables que celles de l’exécutif. L’agence prévoit un déficit public de 5,2 % du PIB en 2027, après 5,4 % cette année. Elle s’appuie notamment sur une hypothèse de croissance inférieure à la prévision gouvernementale de 1 %.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a présenté la décision de Moody’s comme un « appel à la responsabilité » pour parvenir à un accord budgétaire. Le débat porte donc autant sur l’adoption du budget que sur sa capacité à infléchir la trajectoire des comptes publics.
Les coûts de financement restent sous surveillance
Le maintien de la note n’efface pas les inquiétudes sur le coût de la dette. Le rendement des obligations d’État françaises à dix ans a approché 5,14 % jeudi, avant de s’établir à 5,01 % vendredi. La dette publique est projetée à 121,7 % du PIB en 2027, et la charge des intérêts atteindrait 91 milliards d’euros l’an prochain. (tresor.economie.gouv.fr)
Amélie de Montchalin, présidente de la Cour des comptes, a mis en garde contre un risque d’« étouffement financier » si la trajectoire n’était pas maîtrisée. Pour Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, la situation économique, financière et politique forme un « cocktail Molotov pour les marchés », qui jugeraient la France plus risquée. De son côté, Moody’s estime qu’une hausse des taux devrait se prolonger pour compromettre sérieusement la soutenabilité de la dette.
La prochaine échéance mentionnée est celle du 27 novembre, date à laquelle Standard & Poor’s doit rendre une nouvelle décision. L’agence classe actuellement la France en A+, comme Fitch.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : 20 Minutes avec AFP







