Les mobilisations annoncées pour ce samedi 24 octobre 2026 réunissent Gilets jaunes, syndicats, lycéens et étudiants, dans un climat tendu après les violences et pillages de la semaine dernière. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes. Dans plusieurs villes, les interdictions de cortèges et les changements de parcours alimentent déjà les tensions.

Un dispositif de sécurité renforcé

Forces de la préfecture, unités mobiles, militaires de la force Sentinelle, hélicoptères et véhicules blindés doivent être mobilisés. Des unités d’élite, dont le Raid et le GIGN, sont également mentionnées dans le dispositif annoncé par le ministre. Laurent Nuñez a prévenu que les forces de l’ordre seraient « intraitables » face aux éventuels casseurs.
Cette mobilisation intervient une semaine après des dégradations en marge des rassemblements contre la vie chère, notamment à Paris, Marseille et Lyon. Près de 3 000 commerces ont été vandalisés, selon les éléments rapportés. Le week-end précédent, les autorités avaient comptabilisé 550 000 personnes dans les manifestations à travers le pays.
Plus de 700 actions prévues par les Gilets jaunes
Les Gilets jaunes annoncent plus de 700 mobilisations en France, dont 500 manifestations. D’après une carte publiée sur leur site, des actions sont prévues sur 86 ronds-points, 21 stations-service, deux dépôts pétroliers, 33 gares, trois ports, 17 ponts et 17 péages.
Les revendications portées ces dernières semaines par les lycéens, les étudiants et les autres participants sont diverses. Elles convergent principalement autour du pouvoir d’achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale.
Des parcours contestés et des rassemblements interdits
À Paris, un seul cortège syndical a été autorisé. Un désaccord oppose toutefois la préfecture de police et l’intersyndicale au sujet de son itinéraire. Après un accord annoncé jeudi pour un parcours entre Bastille et Nation, les autorités ont proposé un trajet entre la porte de Vincennes et la porte d’Italie. Karl Ghazi, cosecrétaire général de la CGT de Paris, a jugé ce parcours « impossible à sécuriser ». Les organisateurs dénoncent un itinéraire imposé et disent vouloir rejoindre Bastille, comme initialement prévu.
Plusieurs musées parisiens, dont le Louvre et le musée d’Orsay, doivent rester fermés ce samedi. Le couvre-feu est reconduit de 23 heures à 6 heures dans les secteurs de la place de la République et des Halles, jusqu’à lundi matin.
À Marseille, après une annonce d’interdiction générale des rassemblements, la préfecture a finalement accordé une autorisation dérogatoire au cortège intersyndical. Le couvre-feu, qui concernait les mineurs dans l’hypercentre et certaines zones commerciales, est étendu aux adultes pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi.
À Lyon, les manifestations sont interdites dans une large partie du centre-ville. Plus de 150 commerces y ont été dégradés et l’office de tourisme incendié le 17 octobre. Des interdictions ont également été prises à Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, au Havre, à Toulon et à Limoges, où la mairie a été incendiée le 17 octobre. Une manifestation syndicale doit en revanche se tenir à Strasbourg.
Des critiques sur les restrictions
Les mesures de sécurité suscitent des critiques. Amnesty International dénonce un « glissement vers des pratiques autoritaires » et estime que la priorité donnée à la sécurité se fait au détriment des libertés. La Ligue des droits de l’homme indique avoir déposé des recours contre des arrêtés d’interdiction dans plusieurs villes. Elle a également demandé l’envoi en France d’une mission d’observation sous l’égide des Nations unies, jugeant le maintien de l’ordre récent « particulièrement chaotique et incohérent ».
À Orléans, autre point de tension de la journée, le congrès du Rassemblement national doit réunir plusieurs milliers de sympathisants. Entre 20 000 et 30 000 opposants au parti sont attendus pour une manifestation appelée par une cinquantaine d’organisations. Près de 3 000 membres des forces de l’ordre doivent être déployés dans la ville.
Source : Ouest France.fr – L'actualité en direct, en continu et en images (www.ouest-france.fr)
Article original : Consulter la source originale







